Le blog de Mulder

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25 février 2009

Quand les Anglo-Saxons découvrent les vertus du colbertisme

«Bonjour, Monsieur Colbert ! » avait titré au mois d’octobre dernier, avec une impressionnante prescience, le pourtant très libéral hebdomadaire anglo-américain The Economist. Ce journal annonçait le retour dans les pays industrialisés d’une politique dirigiste à la manière de celle qu’avait inspirée le ministre du Roi-Soleil. La semaine dernière, le grand hebdomadaire américain Newsweek a fait plus fort en proclamant à sa une : « Nous sommes tous socialistes maintenant. »

C’est que le monde anglo-saxon n’en revient toujours pas de ce qu’il a osé faire, pressé par l’urgence. Et il se demande où cela s’arrêtera. Ken Rogoff, professeur d’économie à Harvard, déclare, par exemple : « Je considère que l’élection de novembre 2008 représente un virage vers le système économique de l’Europe continentale. » Le plan de relance que Barack Obama a fait adopter par le Congrès des Etats-Unis est sans commune mesure avec ceux qui sont, plus modestement, mis en œuvre en Europe. Et pourtant, déjà, une grande partie des démocrates regrette qu’il ait été réduit dans ses ambitions. Beaucoup de ces congressmen et nombre d’économistes sont persuadés que la récession combinée à la baisse de la Bourse va rendre ingérables les systèmes actuels de fonds de pension et d’assurance-maladie et que cela nécessitera une approche « plus centralisée et plus redistributive ». Et ils se demandent si l’Amérique ne se dirige pas vers une forme de politique industrielle quand les constructeurs automobiles appellent l’Etat au secours tandis que Washington annonce toutes sortes de prêts bonifiés pour les entrepreneurs qui se lancent dans l’éco-énergie ?

Au Royaume-Uni, où le Premier ministre, Gordon Brown, est très mal en point, son adversaire conservateur, David Cameron, a provoqué la surprise l’autre jour en prenant ses distances avec la philosophie de Margaret Thatcher, ce qu’aucun leader tory ne s’était risqué à faire jusque-là. Le journal de centre-gauche The Guardian constate : « Pour la première fois depuis trente-cinq ans, le rôle de l’Etat dans l’économie revient à la mode. » Pour compléter le tableau dans cette partie du monde, le gouvernement irlandais, en injectant trois milliards et demi d’euros dans le capital de ses deux grandes banques, a été le premier en Europe à prendre le contrôle de ses principaux établissements de crédit.

Parfois, quand ce n’est pas le gouvernement qui prend l’initiative, ce sont les actionnaires qui se jettent dans ses bras. C’est ce qu’ont fait ceux de Fortis en Belgique en remettant les opérations de leur banque entre les mains des autorités de Bruxelles.

Il y a là quelque chose de si profondément nouveau que les dirigeants et les analystes du monde anglo-américain construisent toutes sortes de scénarios catastrophes. Ed Balls, un membre du cabinet britannique, établissant un parallèle avec la crise de 1929, s’inquiète publiquement : « Nous nous souvenons tous comment les évènements politiques qui ont suivi ont été provoqués par l’état de l’économie. » Un chroniqueur du Financial Times, Gideon Rachman, traduit avec un humour très sombre les temps à venir en racontant qu’en 2012 Sarah Palin, ayant battu sur un programme populiste et xénophobe Barack Obama, qui n’a pas su faire face à la crise, reçoit les félicitations du Premier ministre israélien Avigdor Lieberman et du président russe Vladimir Poutine, lequel a fait interner son prédécesseur et successeur Dimitri Medvedev, tandis qu’en France Nicolas Sarkozy n’a plus d’autres adversaires qu’Olivier Besancenot et Marine Le Pen. L’histoire économique et politique est faite de ces mouvements entre autoritarisme et démocratie, interventionnisme et libéralisme.

Plus raisonnablement, Sunder Katwala, secrétaire général du centre d’études de la Société fabienne en Angleterre, remarque : « Le balancier revient au centre, même en Amérique. »

Article paru le 21/02/09 sur www.investir.fr

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12 avril 2008

Immobilier : faut-il attendre avant d'acheter ?

DOSSIER SPECIAL Le salon national de l'immobilier s'est ouvert jeudi à Paris dans un climat d'interrogations. Le marché est-il encore propice à l'achat ou faut-il craindre un retournement? Un dossier complet pour vous aider à vous faire votre opinion.

Si 2008 est annoncée comme l'année du retournement du marché après une décennie de hausse ininterrompue, les Français ne semblent plus vouloir devenir propriétaire à n'importe quel prix. Une étude de l'Observatoire de l'Epargne européenne révèle la force du rêve d'accession à la propriété : 74% des Français aspirent à être propriétaire d'une maison individuelle. Mais avec les prix élevés des biens immobiliers et la hausse des taux de crédits, acheter rime aussi avec sacrifice pour les ménages qui ne disposent pas d'un salaire et d'un apport conséquents.

Voir l’article complet sur

http://www.lefigaro.fr/immobilier/2008/04/09/05002-20080409ARTWWW00375-special-immobilier-o-va-le-marche-.php

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13 mai 2006

E-commerce : des profits tout sauf virtuels

Cette année, son chiffre d'affaires frôlera 10 milliards d'euros, après 7 milliards en 2005. Une manne qui échappe pour beaucoup aux groupes de distribution traditionnels.

LES MAMMOUTHS de la distribution n'ont pas l'intention de se laisser écraser. Si le commerce en ligne profite d'abord aux vedettes de l'Internet et de la vente à distance comme Amazon ou eBay, les enseignes traditionnelles du type Auchan, Carrefour ou Leclerc préparent leur riposte. Carrefour dégainera le premier, le 19 juin. Le leader de la distribution lance son premier magasin virtuel. Il proposera des meubles, des livres, de la musique, des produits high-tech... mais pas d'alimentaire.

Il était temps. En 2005, l'e-commerce a dégagé un chiffre d'affaires de 7 milliards d'euros en France, deux fois plus qu'en 2003. Ce montant représente seulement 3% du commerce de détail non alimentaire de l'Hexagone. Mais la montée en puissance du commerce électronique se poursuit : d'après l'étude annuelle de Benchmark Group, en 2006, le volume d'affaires devrait approcher 9,5 milliards d'euros. «C'est la première fois que le commerce sur Internet parvient à maintenir son niveau de croissance d'une année sur l'autre», observent les analystes de la société d'études.

Ceux qui tirent le mieux leur épingle du jeu ne sont pas les rois de l'hypermarché. «Les géants de l'Internet comme eBay ou Amazon ont vraiment créé une nouvelle manière de consommer, estime Kristin de Walk, professeur de marketing à HEC. En revanche, les grandes enseignes possèdent des atouts précieux : elles jouissent d'une grande crédibilité auprès du public qui hésite encore à payer ses achats en ligne.»

Les «pure players» en position de force

Outre le voyage qui continue de caracoler en tête du palmarès des produits les mieux vendus sur Internet – voyages-sncf est le 2e site le plus visité en France – le matériel high-tech et les produits culturels fléchissent légèrement selon le Benchmark Group. D'autres secteurs réalisent une percée et tirent la croissance : les cosmétiques et l'équipement de la maison. Par ailleurs, de nouvelles idées sont apparues comme ventes-privee.com dont le concept de club en ligne remporte un vif succès.

«A part la Fnac, La Redoute et la SNCF, les sept grands leaders de la vente en ligne sont des «pure players» d'Internet, explique Henri de Mautblanc, le président de l'Acsel. Auchan a certes réalisé des acquisitions dans ce domaine avec Grobill et, de son côté, Casino possède Cdiscount mais les grands distributeurs ont pris du retard.» S'ils veulent rester dans la course, il leur faudra peut-être acheter des marques vedettes de la Toile ou suivre très vite le chemin de Carrefour...

Car les jeunes, particulièrement friands d'achats en ligne, sont les consommateurs de demain : «Ne disposant pas toujours d'une indépendance financière ou d'un pouvoir d'achat conséquent, leur consommation en ligne demeure modeste», nuance Marc Mironneau, analyste de Benchmark Group. En vieillissant, cette population ne peut que favoriser l'essor de ce mode de distribution. 

Article paru sur http://www.lefigaro.fr le 13 mai 2006 par Valérie Collet

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31 mars 2006

Les services à la personne, un marché prometteur

Selon le dernier rapport de l'Observatoire des Caisses d'Epargne, ce secteur pourrait représenter 12 milliards d'euros en France, à condition que les entreprises se mobilisent pour promouvoir le Cesu.

FAIRE garder ses enfants en bas âge, assurer le baby-sitting en fin de journée, surveiller le travail scolaire après l'école, organiser un retour à domicile après une hospitalisation, faire face à la perte d'autonomie d'un parent âgé ou malade. Les motifs de recours à des aides extérieures au foyer ne manquent pas.

Selon la dernière étude de l'Observatoire des Caisses d'épargne, les «services à la personne» sont promis à un bel avenir. A condition que les obstacles qui freinent son essor – essentiellement le coût, mais aussi la mobilisation des entreprises, l'organisation du secteur et la formation des personnels – soient levés.

Aujourd'hui, les services à la personne sont utilisés en France par quelque 6 millions de foyers, dont près de la moitié «au noir». On délègue certaines tâches domestiques parce qu'on n'a pas le temps et on fait appel à l'extérieur parce qu'on ne sait pas faire soi-même (surtout dans le cas de l'aide au seniors).

«Sachant que 67% des plus de 25 ans que nous avons interrogés sont ouverts à l'idée de recourir au moins occasionnellement à ce type de prestation, nous estimons que 4 millions de foyers supplémentaires pourraient franchir le pas dans les prochaines années», souligne Nicolas Mérindol, membre du directoire de la CNCE.

Cinq milliards d'euros supplémentaires

En termes de dépenses des ménages, cela représenterait 5 milliards d'euros supplémentaires. «Le marché pourrait ainsi doubler dans les sept prochaines années à 12 milliards d'euros», ajoute-t-il. En incluant les dépenses liées aux assistantes maternelles et aux services directement liés à la perte d'autonomie, on arrive à 15 milliards.

Des perspectives qui font rêver dans le contexte actuel de l'emploi. Il est donc dommage que les entreprises ne se mobilisent pas plus pour promouvoir le Cesu (chèque emploi-service universel), prévu par le plan Borloo et qui a justement vocation à développer les emplois de services à la personne. Le constat de l'Observatoire des Caisses d'épargne est sans appel. Seulement 8% des entreprises interrogées étaient prêtes à la fin de l'année dernière à le proposer à leurs salariés. Dans les entreprises de plus de 500 personnes, la proportion passait à 15%, ce qui est encore très faible. Le fossé entre les préoccupations des salariés et celles des responsables des ressources humaines semble bien réel sur cette question. Huit salariés sur dix exprimaient en effet leur intention de souscrire au Cesu si l'employeur en finançait 20%.

Pour Nicolas Mérindol, cette réticence des entreprises traduit une «perception restrictive des enjeux du Cesu. Elles le considèrent comme une incitation financière et non pas comme un outil de motivation, de gestion du stress, de lutte contre l'absentéisme ou de promotion de la parité».

Selon le dernier rapport de l'Observatoire des Caisses d'Epargne, ce secteur pourrait représenter 12 milliards d'euros en France, à condition que les entreprises se mobilisent pour promouvoir le Cesu.

FAIRE garder ses enfants en bas âge, assurer le baby-sitting en fin de journée, surveiller le travail scolaire après l'école, organiser un retour à domicile après une hospitalisation, faire face à la perte d'autonomie d'un parent âgé ou malade. Les motifs de recours à des aides extérieures au foyer ne manquent pas.

Selon la dernière étude de l'Observatoire des Caisses d'épargne, les «services à la personne» sont promis à un bel avenir. A condition que les obstacles qui freinent son essor – essentiellement le coût, mais aussi la mobilisation des entreprises, l'organisation du secteur et la formation des personnels – soient levés.

Aujourd'hui, les services à la personne sont utilisés en France par quelque 6 millions de foyers, dont près de la moitié «au noir». On délègue certaines tâches domestiques parce qu'on n'a pas le temps et on fait appel à l'extérieur parce qu'on ne sait pas faire soi-même (surtout dans le cas de l'aide au seniors).

«Sachant que 67% des plus de 25 ans que nous avons interrogés sont ouverts à l'idée de recourir au moins occasionnellement à ce type de prestation, nous estimons que 4 millions de foyers supplémentaires pourraient franchir le pas dans les prochaines années», souligne Nicolas Mérindol, membre du directoire de la CNCE.

Cinq milliards d'euros supplémentaires

En termes de dépenses des ménages, cela représenterait 5 milliards d'euros supplémentaires. «Le marché pourrait ainsi doubler dans les sept prochaines années à 12 milliards d'euros», ajoute-t-il. En incluant les dépenses liées aux assistantes maternelles et aux services directement liés à la perte d'autonomie, on arrive à 15 milliards.

Des perspectives qui font rêver dans le contexte actuel de l'emploi. Il est donc dommage que les entreprises ne se mobilisent pas plus pour promouvoir le Cesu (chèque emploi-service universel), prévu par le plan Borloo et qui a justement vocation à développer les emplois de services à la personne. Le constat de l'Observatoire des Caisses d'épargne est sans appel. Seulement 8% des entreprises interrogées étaient prêtes à la fin de l'année dernière à le proposer à leurs salariés. Dans les entreprises de plus de 500 personnes, la proportion passait à 15%, ce qui est encore très faible. Le fossé entre les préoccupations des salariés et celles des responsables des ressources humaines semble bien réel sur cette question. Huit salariés sur dix exprimaient en effet leur intention de souscrire au Cesu si l'employeur en finançait 20%.

Pour Nicolas Mérindol, cette réticence des entreprises traduit une «perception restrictive des enjeux du Cesu. Elles le considèrent comme une incitation financière et non pas comme un outil de motivation, de gestion du stress, de lutte contre l'absentéisme ou de promotion de la parité».

Selon le dernier rapport de l'Observatoire des Caisses d'Epargne, ce secteur pourrait représenter 12 milliards d'euros en France, à condition que les entreprises se mobilisent pour promouvoir le Cesu.

FAIRE garder ses enfants en bas âge, assurer le baby-sitting en fin de journée, surveiller le travail scolaire après l'école, organiser un retour à domicile après une hospitalisation, faire face à la perte d'autonomie d'un parent âgé ou malade. Les motifs de recours à des aides extérieures au foyer ne manquent pas.

Selon la dernière étude de l'Observatoire des Caisses d'épargne, les «services à la personne» sont promis à un bel avenir. A condition que les obstacles qui freinent son essor – essentiellement le coût, mais aussi la mobilisation des entreprises, l'organisation du secteur et la formation des personnels – soient levés.

Aujourd'hui, les services à la personne sont utilisés en France par quelque 6 millions de foyers, dont près de la moitié «au noir». On délègue certaines tâches domestiques parce qu'on n'a pas le temps et on fait appel à l'extérieur parce qu'on ne sait pas faire soi-même (surtout dans le cas de l'aide au seniors).

«Sachant que 67% des plus de 25 ans que nous avons interrogés sont ouverts à l'idée de recourir au moins occasionnellement à ce type de prestation, nous estimons que 4 millions de foyers supplémentaires pourraient franchir le pas dans les prochaines années», souligne Nicolas Mérindol, membre du directoire de la CNCE.

Cinq milliards d'euros supplémentaires

En termes de dépenses des ménages, cela représenterait 5 milliards d'euros supplémentaires. «Le marché pourrait ainsi doubler dans les sept prochaines années à 12 milliards d'euros», ajoute-t-il. En incluant les dépenses liées aux assistantes maternelles et aux services directement liés à la perte d'autonomie, on arrive à 15 milliards.

Des perspectives qui font rêver dans le contexte actuel de l'emploi. Il est donc dommage que les entreprises ne se mobilisent pas plus pour promouvoir le Cesu (chèque emploi-service universel), prévu par le plan Borloo et qui a justement vocation à développer les emplois de services à la personne. Le constat de l'Observatoire des Caisses d'épargne est sans appel. Seulement 8% des entreprises interrogées étaient prêtes à la fin de l'année dernière à le proposer à leurs salariés. Dans les entreprises de plus de 500 personnes, la proportion passait àSelon le dernier rapport de l'Observatoire des Caisses d'Epargne, ce secteur pourrait représenter 12 milliards d'euros en France, à condition que les entreprises se mobilisent pour promouvoir le Cesu.

FAIRE garder ses enfants en bas âge, assurer le baby-sitting en fin de journée, surveiller le travail scolaire après l'école, organiser un retour à domicile après une hospitalisation, faire face à la perte d'autonomie d'un parent âgé ou malade. Les motifs de recours à des aides extérieures au foyer ne manquent pas.

Selon la dernière étude de l'Observatoire des Caisses d'épargne, les «services à la personne» sont promis à un bel avenir. A condition que les obstacles qui freinent son essor – essentiellement le coût, mais aussi la mobilisation des entreprises, l'organisation du secteur et la formation des personnels – soient levés.

Aujourd'hui, les services à la personne sont utilisés en France par quelque 6 millions de foyers, dont près de la moitié «au noir». On délègue certaines tâches domestiques parce qu'on n'a pas le temps et on fait appel à l'extérieur parce qu'on ne sait pas faire soi-même (surtout dans le cas de l'aide au seniors).

«Sachant que 67% des plus de 25 ans que nous avons interrogés sont ouverts à l'idée de recourir au moins occasionnellement à ce type de prestation, nous estimons que 4 millions de foyers supplémentaires pourraient franchir le pas dans les prochaines années», souligne Nicolas Mérindol, membre du directoire de la CNCE.

Cinq milliards d'euros supplémentaires

En termes de dépenses des ménages, cela représenterait 5 milliards d'euros supplémentaires. «Le marché pourrait ainsi doubler dans les sept prochaines années à 12 milliards d'euros», ajoute-t-il. En incluant les dépenses liées aux assistantes maternelles et aux services directement liés à la perte d'autonomie, on arrive à 15 milliards.

Des perspectives qui font rêver dans le contexte actuel de l'emploi. Il est donc dommage que les entreprises ne se mobilisent pas plus pour promouvoir le Cesu (chèque emploi-service universel), prévu par le plan Borloo et qui a justement vocation à développer les emplois de services à la personne. Le constat de l'Observatoire des Caisses d'épargne est sans appel. Seulement 8% des entreprises interrogées étaient prêtes à la fin de l'année dernière à le proposer à leurs salariés. Dans les entreprises de plus de 500 personnes, la proportion passait à 15%, ce qui est encore très faible. Le fossé entre les préoccupations des salariés et celles des responsables des ressources humaines semble bien réel sur cette question. Huit salariés sur dix exprimaient en effet leur intention de souscrire au Cesu si l'employeur en finançait 20%.

Pour Nicolas Mérindol, cette réticence des entreprises traduit une «perception restrictive des enjeux du Cesu. Elles le considèrent comme une incitation financière et non pas comme un outil de motivation, de gestion du stress, de lutte contre l'absentéisme ou de promotion de la parité».

Article paru sur le Figaro 31 mars 2006 rédigé par Christine Lagoutte

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14 janvier 2006

La Chine tisse sa toile sur le continent noir

La Chine tisse sa toile sur le continent noir Afrique Comme ailleurs, Pékin redessine les alliances et la géopolitique à son profit.

LORSQUE l'Europe et les Etats-Unis boudent le Soudan, le Nigeria ou l'Angola au nom des droits de l'homme, une autre puissance y voit aussitôt sa meilleure chance : la Chine occupe chaque pouce du terrain cédé par l'Occident et s'impose comme un acteur de premier plan sur ce continent jugé désespérant et parfois négligeable.

La tournée africaine qu'entame en Afrique le chef de la diplomatie chinoise Li Zhaoxing emprunte la piste de l'or noir. Elle s'achèvera au Nigeria et en Libye, deux pays où Pékin cherche l'énergie essentielle à son essor. La compagnie pétrolière Cnooc, tout juste remise de son échec américain, vient de signer avec Abuja son plus gros investissement à l'étranger : 2 milliards d'euros, pour une prise de participation à 45% dans l'un des plus vastes gisements marins du premier exportateur africain.

Mais ce n'est pas qu'une affaire de pétrole, de gaz et de minerais. La République populaire sait ménager ses marchés d'avenir. Elle construit au meilleur prix des lignes de chemin de fer, des écoles ou des réseaux de téléphone mobile. Sur le continent noir comme dans le reste du tiers-monde, Pékin entend surtout redessiner à son profit les alliances et la géopolitique.

«Superpuissance émergente»

L'Afrique est devenue l'un des tremplins de la «superpuissance émergente», avec ses deux ressorts obsessionnels : l'affirmation de l'autorité chinoise sur Taïwan et la fierté de poser en contrepoids aux Etats-Unis.

Pour le régime et sa propagande, la partie d'échecs diplomatique avec Taïwan compte autant que les barils de brut. L'Afrique est un terrain idéal pour compter les points. Au Liberia, pays qui a renvoyé l'ambassadeur de l'île rebelle pour reconnaître la République populaire en 2003, Li Zhaoxing trouvera une tribune de choix. Il assistera lundi à la cérémonie d'investiture de Mme Ellen Johnson-Sirleaf, première Africaine devenue présidente par les urnes.

L'arrivée du ministre Li aujourd'hui au Sénégal sera plus souriante encore : c'est la meilleure prise en attendant, un jour, le Vatican. Dakar a rompu avec Taïwan en octobre, afin de mettre ses ambitions diplomatiques «en accord avec la nouvelle donne géopolitique». La formule doit remplir d'aise le chef de la diplomatie chinoise. A ce jour, il ne reste plus que six pays africains de moindre importance pour entretenir des relations avec l'île : le Burkina, la Gambie, le Malawi, le Swaziland, le Tchad ainsi que Sao Tomé et Principe.

Avec les Etats-Unis et les anciennes puissances coloniales que sont la France et la Grande-Bretagne, la partie africaine reste encore feutrée. Mais le conflit d'intérêts est tangible.

Guerre des mots

La Chine tire déjà du continent quelque 30% de son pétrole importé, Soudan, Angola, Congo surtout et Nigeria bientôt. Les Etats-Unis, au même moment, se tournent vers le sud du Sahara pour diversifier leurs ressources, c'est-à-dire vers l'Angola, le Nigeria ou la Guinée équatoriale. Dans dix ans, le golfe de Guinée devrait fournir 25% du pétrole américain importé, contre 15% aujourd'hui.

Entre les deux grands consommateurs d'énergie, c'est déjà la guerre des mots. A Washington, une commission du Congrès a reproché cet été à Pékin «d'investir à pieds joints» dans l'industrie pétrolière du Soudan, en fermant les yeux sur les excès du régime islamiste. De fait, la Chine s'est abstenue l'an dernier de voter au Conseil de sécurité un texte qui aurait permis à la Cour pénale internationale de se saisir enfin des violences meurtrières au Darfour.

Avec Khartoum ou Abuja, comme avec Téhéran ou Pyongyang, les entreprises chinoises et la direction communiste sont sans état d'âme. Même s'il est un peu trouble, le prisme Nord-Sud reste à Pékin le meilleur moyen pour nouer des alliances profitables et damer le pion aux Occidentaux.

Article paru sur http://www.lefigaro.fr rédigé par Jean-Jacques Mevel  [12 janvier 2006]

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07 janvier 2006

Menaces sur les retraites américaines

Menaces sur les retraites américaines Social Après d'autres grands groupes, l'informaticien IBM renonce à son tour à garantir une retraite à ses salariés.

LES SALARIÉS américains ont du souci à se faire pour leur retraite. Après Verizon (deuxième opérateur téléphonique du pays), Hewlett-Packard, Motorola ou encore le groupe de distribution Sears, IBM annonce qu'il ne garantira plus, à l'avenir, la retraite mensuelle de ses salariés.

Depuis plusieurs années, un nombre croissant d'entreprises aux Etats-Unis changent la nature des promesses de paiement de retraite faites à leurs employés au profit d'un régime d'épargne-retraite moins coûteux pour elles. Selon les sondages, plus de 10% des entreprises américaines se sont déjà engagées dans cette voie.

Ces employeurs abandonnent la promesse du paiement d'un montant de retraite mensuelle définie, connu à l'avance, déterminé en fonction du salaire passé et du nombre d'années de service. A la place, l'employé se voit simplement promettre un montant annuel de cotisation défini par la firme durant sa carrière. À ces cotisations patronales s'ajoutent celles de l'employé, qui sont défiscalisées. Le tout forme un capital de retraite, censé augmenter chaque année et atteindre une taille critique suffisante au terme de la carrière du salarié. A ce pécule privé s'ajoute la pension de retraite d'origine publique, dite «Social Security», alimentée par les cotisations obligatoires des contribuables américains, mais dont le montant est plafonné à un niveau assez bas.

La différence entre le régime traditionnel et le nouveau est grande. La nouvelle formule ne garantit plus un niveau de vie au retraité. La responsabilité ultime de la gestion du capital repose non plus sur l'employeur mais sur l'employé. À ce dernier de gérer comme il l'entend son portefeuille d'actions, d'obligations ou de fonds communs de placement. Suivant les aléas boursiers, des pertes de capital certaines années sont donc tout à fait possibles.

La conversion d'IBM à ce nouveau régime de retraite fait du bruit car le géant de l'informatique, qui emploie 117 000 personnes aux Etats-Unis, est en bonne situation financière. Son fonds de pension est un des plus riches du pays, avec ceux de General Electric, General Motors, Ford et Exxon Mobil. Les actifs du fonds d'IBM atteignent ainsi 48 milliards de dollars. IBM y a contribué 6 milliards de plus au cours des quatre dernières années. La société d'Armonk (État de New York) est aussi perçue comme une société phare en matière de prestations sociales. D'autres firmes comme General Electric seront donc incitées à suivre son exemple, source de milliards de dollars d'économies.

Tous les secteurs touchés

Les premières entreprises qui s'étaient engagées dans cette voie y étaient acculées. Il s'agissait plutôt de firmes frappées par le vieillissement de leur main-d'oeuvre, dans des secteurs fortement syndiqués où les promesses de retraites étaient très généreuses. Dans le même temps elles se trouvaient fragilisées par l'irruption de concurrents plus compétitifs. La sidérurgie, l'industrie lourde et les grandes compagnies aériennes en sont des exemples. Souvent elles ont connu cette révolution au prix d'un passage sous la protection du régime des faillites. La totalité de leurs obligations en matière de fonds de pension dut alors être assumée par le gouvernement fédéral américain. Mais, plus récemment, ce sont des firmes financièrement solides qui ont franchi le pas.

IBM estime à plus de 450 millions de dollars par an les économies qu'elle réalisera par ce biais cette année. Naturellement le changement, effectif à compter de l'année prochaine, n'affecte en rien les retraités actuels du leader de l'informatique. C'est en revanche son personnel en activité aujourd'hui qui, à partir de l'année prochaine, verra geler les montants de pensions auxquelles il avait droit au titre de l'ancien système.

Article paru sur rédigé par http://www.lefigaro.fr Pierre-Yves Dugua [07 janvier 2006]

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03 janvier 2006

Les nouveaux propriétaires sont contraints de se loger plus à l'étroit

IMMOBILIER Après plusieurs années de flambée des prix, les jeunes ménages ont de plus en plus de mal à acheter leur premier logement. En cinq ans, leur capacité d'achat a fondu de 16%.

LES PRIX de l'immobilier vont-ils enfin s'assagir cette année ? Ceux qui achètent pour la première fois s'interrogent. D'autant que «la fin de l'année 2005 a été marquée par une hausse générale des taux des crédits immobiliers. Un mouvement modéré qui marque une inversion de la tendance», estime le courtier en ligne Empruntis.com.

Aujourd'hui, un ménage qui réalise sa première acquisition peut s'offrir en moyenne 50,7 m2, selon l'indicateur Crédit foncier-Essec qui mesure la capacité d'achat en mètres carrés dans l'ancien. Il est calculé sur la base d'un crédit sur vingt ans et de mensualités représentant 28% des revenus (1). «Il y a cinq ans, ce même ménage pouvait acheter un logement de 59 m2, voire 86 m2 s'il acceptait de s'endetter sur vingt-cinq ans et de consacrer 35% de ses revenus au remboursement, constate Bernard Pagès, membre du comité exécutif du Crédit foncier. Aujourd'hui, au prix des mêmes sacrifices, il peut, au mieux, espérer s'offrir 68,7 m2.»

Dégradation dans le Sud

Sans surprise, c'est à Paris que la situation est la plus tendue : un ménage qui achète pour la première fois peut s'offrir en moyenne 28,7 m2, soit un studio. Une sérieuse limite lorsqu'on souhaite fonder une famille. D'où la fuite des candidats à l'acquisition vers la périphérie. En Seine-et-Marne, département le plus abordable d'Ile-de-France, les primo-accédants peuvent en effet acquérir jusqu'à 70 m2, contre environ 64 m2 en Seine-Saint-Denis, dans l'Essonne ou dans le Val-d'Oise. A l'ouest de la capitale, cette capacité d'achat des primo accédants dégringole : moins de 50 m2 dans les Yvelines (48 m2), ou le Val-de-Marne et seulement 37,4 m2 dans les Hauts-de-Seine.

A l'autre bout de la chaîne, «les jeunes ménages les mieux lotis se trouvent dans le Limousin, où ils parviennent dès leur première acquisition à acheter plus de 120 m2», constate Ingrid Nappi-Choulet, professeur à l'Essec. D'ailleurs, dans cette région, au cours des cinq dernières années, leur capacité d'achat est demeurée stable. Elle s'est en revanche dégradée de 4% par an en Ile-de-France, de 5% en région Paca et même de 5,4% en Languedoc-Roussillon, où la flambée des prix de l'immobilier est la plus forte. «Dans ces régions, la hausse des prix n'est plus compensée par le niveau bas des taux d'intérêt et l'allongement de la durée des prêts», explique François Drouin, président du directoire du Crédit foncier.

Une tendance qui a peu de chances de s'inverser. Le logement reflète aussi les évolutions de la société. La demande se concentre dans les zones où l'activité est en développement. «Les besoins en logement s'accroissent aussi sous l'influence, des décohabitations, des divorces ou encore de la mobilité professionnelle...», souligne François Drouin.

Seul atout des candidats à une première acquisition, le prêt à taux zéro (PTZ) quand ils peuvent en bénéficier. En effet, depuis un an, ce dispositif est ouvert aux achats dans l'ancien et les plafonds ont été considérablement relevés.

(1) En 2005, le revenu annuel moyen avant impôts (qui intègre les revenus du patrimoine, les transferts et prestations sociales) s'élève à 28 714 euros pour un couple avec deux enfants pour un ménage primo-accédant en France (31 623 euros en Ile-de-France) d'après la base Crédit foncier.

Article paru sur http://www.lefigaro.fr/ rédigé par H.R. le 3 janvier 2006

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25 décembre 2005

L'hécatombe des fonds de pension britanniques

Les fonds de retraite des entreprises du FTSE 100 enregistrent un déficit global de 55 milliards d'euros. La société Rentokil décide de fermer le sien.

EN GRANDE-BRETAGNE, la crise des fonds de pension s'aggrave. Dernière victime en date, Rentokil Initial, une entreprise cotée sur l'indice phare de la Bourse de Londres, le FTSE 100. Cette société de services (nettoyage, dératisation...) a annoncé qu'elle «proposait» purement et simplement de fermer son fonds de pension, qui enregistre un déficit de 380 millions de livres (560 millions d'euros). Sa clôture définitive reste suspendue aux négociations à venir avec les employés.

Concrètement, les employés de Rentokil vont continuer à toucher une retraite, mais sur la base de leur salaire actuel, même s'ils continuent à travailler pendant des années. Le fonds de pension est donc gelé au niveau de 2005. En remplacement, l'entreprise propose aux employés d'adhérer à un nouveau système, beaucoup moins généreux, où les retraites dépendront du rendement à venir du fonds.

C'est la première fois qu'une entreprise de cette taille prend une telle décision. «Nous craignons qu'un nombre croissant de sociétés fasse de même», prévient Andy Fleming, le porte-parole de l'Association nationale des fonds de pension (NAPF). La crise est profonde. Les fonds de pension des entreprises du FTSE 100 enregistrent un déficit global de 55 milliards d'euros, selon le cabinet actuariel Lane Clarke & Peacock. Pire : en juillet dernier, quand le cabinet a réalisé cette étude, il ne citait pas Rentokil parmi les problèmes les plus graves ! Six autres sociétés étaient montrées du doigt : British Telecom, BAe Systems, British Airways, Royal & SunAlliance, Rolls-Royce et ICI.

Gouffre financier

Les raisons de ce gouffre financier ? D'une part, l'espérance de vie s'allonge. Les fonds de pension doivent donc verser une retraite pendant une durée de plus longue. D'autre part, l'explosion de la bulle boursière en 2001 a eu des conséquences particulièrement violentes en Grande-Bretagne, où les fonds de pension avaient investi massivement, et imprudemment, en actions.

Face à cette situation, les fonds de pension ont commencé à réagir. Le système qui garantissait aux employés un montant de retraite fixe est en train de disparaître. Désormais, 57% de ces fonds de luxe sont fermés aux nouveaux arrivants. Ils restent toutefois ouverts aux anciens membres. La décision de Rentokil va donc plus loin, clôturant pour de bon son fonds de pension, pour tous les membres.

L'une des conséquences inattendue de cette crise est que les Britanniques désertent les fonds de pension. En 1999, 48% de ceux qui travaillaient étaient membres d'un fonds, contre 38% aujourd'hui. Cela signifie que beaucoup dépendent désormais uniquement de la retraite minimum de l'Etat, qui n'est que de 115 euros par semaine. Ce filet de sécurité est lui-même sous tension. Un rapport remis récemment au gouvernement préconise de relever l'âge de la retraite pour le secteur public à 68 ans d'ici à 2050 (il n'y a pas d'âge obligatoire de retraite pour le secteur privé). Une telle décision serait très impopulaire. Elle est donc exclue pour l'instant.

Article paru sur www.lefigaro.fr rédigé par Sébastien Martin [21 décembre 2005]

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24 décembre 2005

La Chine sixième puissance mondiale

La Chine, qui occupait jusqu'ici le septième rang mondial en terme de PIB, se hausse à la sixième place, devant l'Italie

La Chine a révisé en hausse de 16,8% son produit intérieur brut (PIB) de 2004 et gagne ainsi une place au classement mondial où elle pointe désormais au sixième rang. Elle devance donc l'Italie, et pourrait même se hisser au quatrième rang pour l'année 2005.  Ce réajustement a été annoncé à l'occasion de la présentation du "premier recensement de l'économie chinoise" et serait dû à une meilleurs prise en compte du secteur des services dans le PIB.

Devant la France et la Grande-Bretagne en 2005

La forte croissance de secteurs tels que les télécommunications, la distribution et l'immobilier a fait grimper la part des services dans le PIB à 40,7% en 2004, contre 31,9% annoncés précédemment. De son côté, la part du secteur secondaire, l'industrie, est tombée de 52,9% à 46,2%, comme celle du secteur agricole passée de 15,2% à 13,1%.

Cette évolution signifie, selon les analystes, que le pays devrait avoir moins besoin d'une croissance industrielle effrénée pour maintenir le taux de croissance global de son économie à plus de 9%, comme sur les trois dernières années. Cela pourrait également rassurer les responsables politiques chinois en les incitant à revalorisé le yuan, ce qui favoriserait au passage la consommation et la croissance des services.

Sur la base de l'évolution des changes et des taux de croissance , les économistes ont en outre calculé que la Chine devrait se propulsée au quatrième rang mondial pour l'exercice 2005, devant la France et la Grande-Bretagne, et derrière les Etats-Unis, le Japon et l'Allemagne.

Article paru http://www.lexpress.fr sur rédigé par Krystell Lebtun, avec Reuters mardi 20 décembre 2005

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23 décembre 2005

La Chine, premier exportateur mondial d’équipements high tech

Faudra-t-il instaurer des quotas sur les importations d’équipements informatiques et électroniques ? La question est-elle saugrenue ? Pas sûr. A l’heure où « La banane et le coton menacent les négociations de l’OMC à Hong Kong »(*), les derniers chiffres que vient de publier l’OCDE révèlent que la Chine est devenue en 2004 le premier exportateur de produits high tech avec un volume d’affaires de 180 milliards de dollars, loin devant les Etats-Unis avec 149 milliards de dollars. Ce résultat a été obtenu au terme d’une croissance de 46 % des exportations 2004 par rapport à 2003. Un an plus tôt, la Chine était passée devant le Japon et l’Europe des 15. Finalement, le transfert par IBM de son activité PC au constructeur chinois Lenovo il y a un an n’est pas un accident de parcours, mais plutôt un exemple de la montée en puissance rapide et continue de la Chine comme puissance high tech. Ce qui a permis d’un seul coup au constructeur chinois de devenir le troisième constructeur de PC dans le monde derrière Dell et HP.

Des T-shirts aux ordinateurs

La Chine ne fabrique plus que de T-Shirts, on le savait depuis longtemps. Mais les chiffres publiés par l’OCDE confirment et renforcent l’idée que la Chine possède désormais une grande capacité de fabrication de produits à valeur ajoutée. Si l’on ajoute les importations et les exportations, le volume de produits échangés par la Chine avec ses partenaires commerciaux a atteint 329 milliards de dollars. Entre 1996 et 2005, le taux de croissance annuel des échanges chinois en produits high tech a été de 38 %. En 1996, ce volume d’échange n’était que de 25 milliards de dollars. En moins de dix ans, la Chine est donc devenue un acteur majeur du secteur des TIC et s’est réellement ouverte au Monde.

2002 a marqué un tournant dans la mesure où la Chine a dégagé un surplus, certes modeste de 3 milliards de dollars. Deux ans plus tard, ce surplus a atteint 32 milliards de dollars. Avec de tels taux de croissance, on n’ose pas trop faire des projections sur les années à venir. Les principales destinations des exportations sont, par ordre d’importance décroissant, les Etats-Unis (24 % des biens exportés), Hong Kong (23 %), la zone européenne des 15 (20 %) et le Japon (10 %). Sachant que Hong-Kong est à la fois une destination, mais aussi une plaque-tournante pour la réexpédition de produits vers d’autres pays.

Déficit avec les pays asiatiques, excédents avec l’Europe et les Etats-Unis

En termes de produits, la Chine accuse un déficit important en termes de circuits intégrés (50 milliards de dollars) et de semi-conducteurs (7 milliards). Inversement, le surplus le plus important concerne les ordinateurs et produits connexes (incluant les ordinateurs portables, mais pas les accessoires), il s’établit à quelque 45 milliards de dollars.

En termes géographiques, cette étude de l’OCDE indique que la Chine commerce plus avec les pays d’Asie qui l’entourent et surtout qu’elle importe moins des Etats-Unis et de l’Union européenne. Les principaux pays fournisseurs de la Chine en produits high tech sont le Japon (18 %), Taiwan (16 %), la Corée (13 %) et la Malaisie (8 %).

Le résultat est que la Chine est de plus en plus excédentaire avec les Etats-Unis et l’Union européenne, avec des surplus qui s’établissent respectivement à 34 et 27 milliards de dollars. Cela ne concerne pas que les produits High Tech. Les chiffres du Commerce Department publiés hier indiquent que le déficit des échanges entre la Chine et les Etats-Unis s’est établi à 20,5 milliards de dollars contre 16,8 milliards en octobre 2003, soit une croissance de 22 %. A l’inverse, l’Empire du Milieu creuse son déficit avec les pays asiatiques, incluant la Thaïlande, la Corée du Sud, Taiwan et le Japon.

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(*)L’article du Monde sur la deuxième journée de la conférence de l’OMC

Article paru sur http://www.itrnews.com rédigé Par Guy Hervier.

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