Le blog de Mulder

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13 février 2009

Cadres: chute des recrutements en 2009, pas de reprise attendue avant 2013

Les recrutements de cadres devraient chuter en 2009 avant de quasi stagner en France les trois années suivantes sur fond de récession, selon une étude publiée jeudi par l'Association pour l'emploi des cadres (Apec), qui n'espère une reprise qu'en 2013.

En 2008, les embauches ont dépassé 199.400, après un repli de 4% dû notamment à un "sévère ralentissement au dernier trimestre", rappelle-t-elle.

S'appuyant sur les prévisions de la Commission européenne en matière de croissance économique pour 2009 (-1,8% pour la France) et sur le lien entre emploi des cadres et investissement des entreprises, l'Apec prévoit une chute des embauches de 17% à 165.000, notant que cela reste deux fois plus qu'au début des années 90.

Elle attend ensuite une "quasi stagnation" en 2010-2011-2012, avec des niveaux proches de 2002 après l'éclatement de la "bulle internet". La "reprise" n'interviendrait qu'en 2013, où environ 190.000 recrutements de cadres (+16% comparé à 2012) seraient possibles, estime l'association.

Si les recrutements "devraient résister et éviter la descente aux enfers", le taux de chômage des cadres va néanmoins remonter "au-delà de 4% dès 2009", contre 3,3% fin 2008, a précisé à la presse le président de l'Apec Gabriel Aretro (CFE-CGC). "Même à 5%, cela resterait sous le niveau de 2003-2004 et sans commune mesure avec les autres salariés", a-t-il noté.

Moins qu'un "chômage massif", c'est plus le chômage de longue durée qui menace les cadres, selon l'association. "L'allongement de la durée du chômage se voit depuis octobre, où le taux de retour à l'emploi à six mois est tombé à 46% contre 54% en avril", a observé le directeur général Jacky Chatelain.

Par secteur, l'industrie serait la plus touchée cette année (-35% à -21% d'embauches de cadres prévues), devant le commerce (-24% à -14%), la construction (-17% à -7%) et les services (-11% à -2%).

Les domaines de la recherche et développement ainsi que de l'informatique devraient résister, tandis que les embauches chuteraient pour les postes de commerciaux ou les fonctions dans la finance.

"Sans soutien à l'investissement des entreprises, cela pourrait aller très mal et la récession pourrait se muer en dépression", a cependant prévenu M. Artero, ajoutant que "les employeurs doivent jouer le jeu et utiliser les fonds en France".

Même si "les entreprises veulent éviter de se séparer des cadres ou de ne plus en recruter, ce qui les handicaperait au moment de la reprise, elles risquent de ne pas tenir longtemps si elles ne peuvent plus se financer", a renchéri M. Chatelain.

Jeunes diplômés et seniors risquent de souffrir plus que les autres de la crise, les uns à cause d'une forte chute des recrutements de débutants et les autres en raison de sorties accrues du marché du travail.

"La crise va effacer les améliorations récentes du recrutement et du retour à l'emploi des seniors. Il faut éviter que les plus de 50 ans se retrouvent au chômage de longue durée", a souligné M. Artero.

Les départs en retraite jouent "comme un amortisseur de crise mais moins qu'on pouvait le penser", a remarqué M. Chatelain, se demandant si "vont réapparaître les mesures d'âge" comme les préretraites ou les dispenses de recherche d'emploi (DRE).

La France, où le nombre de cadres a plus que doublé ces trente dernières années, compte environ 3,2 millions de cadres, dont un tiers a plus de 50 ans.

Article paru sur http://www.lepoint.fr/actualites-societe/cadres-chute-des-recrutements-en-2009-pas-de-reprise-attendue/920/0/316418 le 12/02/09

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30 juillet 2008

Le temps de travail affole les syndicats

L'Assemblée nationale a voté. Le texte « de réparation des dégâts des 35 heures » - comme le président de la République, Nicolas Sar­kozy, l'a surnommé en juin - pourra donc passer au Sénat la semaine prochaine, en vue d'une adoption définitive à la fin juillet. Hier, le texte, qui a en réalité peu mobilisé les députés socialistes, a suscité une véritable furie de la CFTC-Cadres, ulcérée par les dispositions sur les salariés « au forfait ». En l'absence d'un accord collectif entre les syndicats dans une entreprise, la nouvelle loi prévoit que le plafond de jours travaillés pour les salariés payés au forfait passe de 218 à 235. Ce système, qui concerne surtout les cadres, pourrait être étendu aux salariés « autonomes », sans autre précision.

Initialement destiné aux règles de négociation s'appliquant aux syndicats (la « représentativité »), le texte est devenu un « détricotage » des 35 heures au nez et à la barbe des syndicats. Au départ, un seul article en parlait. Il prévoyait « un dépassement expérimental du contingent d'heures supplémentaires », en cas de négociation, et pour tester les nouvelles règles syndicales. Cet article 17 est devenu un volet entier. Si la durée légale de 35 heures est maintenue, chaque entreprise pourra négocier sa durée du travail et ses contreparties en dérogeant aux obligations jusqu'ici établies par les branches. Le plafond d'heures sup, par exemple, pourrait passer de 220 à 405 heures/an.


Angeline Benoit (avec AFP) - ©2008 20 minutes http://www.20minutes.fr/

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31 janvier 2008

Le pouvoir d'achat des salariés continue de stagner

D'après une étude de l'Insee, le salaire moyen a augmenté de 2% en 2007, alors que l'inflation s'établissait à 1,6%. Il s'établit désormais à 1941 euros nets par mois. Ce sont les cadres qui s'en sortent le mieux.

Le pouvoir d'achat des salaires, globalement en "hausse modérée" en 2006, a augmenté pour les cadres et les professions intermédiaires, mais stagné pour les employés et même baissé pour les ouvriers, selon une étude de l'Insee publiée mercredi.

L'Insee n'utilise pas l'expression "pouvoir d'achat" dans cette étude car elle la réserve au seul "pouvoir d'achat du revenu disponible brut, qui intègre les salaires mais aussi les prestations sociales notamment", a précisé l'Institut à l'AFP.

En 2006, le salaire mensuel net moyen des salariés à temps complet des entreprises du secteur privé et semi-public a augmenté de 2%, atteignant 1.941 euros, selon l'étude.

Mais la moitié des salariés ont touché moins de 1.555 euros nets par mois, un salaire appelé "médian" puisque 50% des salariés gagnent plus et 50% moins.

Les prix à la consommation ayant augmenté de 1,6% sur l'année, le pouvoir d'achat des salaires moyens nets n'a augmenté que de 0,4%.

"Cette augmentation modérée du salaire net succède à une croissance qui était plus affirmée en 2005 (+1%), mais reste néanmoins plus forte qu'entre 2003 et 2004, où les salaires nets avaient stagné", note l'Institut national de la statistique et des études économiques.

La tendance moyenne masque cependant de fortes disparités entre salariés: seul le salaire des cadres et des professions intermédiaires a progressé plus vite que le coût de la vie (+0,5% dans les deux cas, déduction faite de l'inflation).

Pour les cadres, les progressions de salaires les plus fortes ont eu lieu dans la finance et la construction; pour les professions intermédiaires, dans les transports et la construction.

Mais l'Insee souligne que l'"amélioration de la conjoncture ne profite ni aux employés ni aux ouvriers", puisque le pouvoir d'achat des premiers a stagné et que celui des seconds a reculé (-0,2%).

Dans ces deux catégories, "c'est dans le secteur des services opérationnels, notamment l'intérim, les activités de nettoyage et de surveillance, que les évolutions ont été les plus faibles".

L'Insee relie la situation des employés et ouvriers à l'évolution moins favorable du Smic net, qui a "augmenté plus modérément que lors des deux années précédentes", puisqu'il a progressé de 2,4% entre 2005 et 2006 compte tenu de la hausse des prix, contre 3,5% entre 2004 et 2005.

L'éventail des salaires n'a pas changé. En 2006, 10% des salariés à temps complet ont gagné moins de 1.060 euros nets par mois tandis qu'à l'autre bout de l'échelle, 10% ont perçu plus de 3.084 euros.

L'écart salarial entre hommes et femmes est resté "inchangé" en 2006: une salariée à temps complet a gagné en moyenne 18,9% de moins qu'un homme dans le même cas. Le salaire net des femmes a crû légèrement plus que celui des hommes, mais pas assez pour réduire l'écart.

Cet écart reste lié, pour l'essentiel, à des différences de structures des emplois. Ainsi, 18,3% des hommes salariés à temps complet sont des cadres, contre seulement 12,7% des femmes. Et beaucoup plus de femmes que d'hommes travaillent à temps partiel.

Globalement, les hausses de salaires sont plus élevées en moyenne pour les salariés n'ayant pas changé de poste durant les deux dernières années, précise enfin l'étude.

Article paru sur http://www.lexpress.fr le 30/01/08

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13 janvier 2008

Une large part des personnes sans travail restent hors statistiques

Saint-Dizier, Haute-Marne, 28 février 2007. Pour les « FBMA », comme ils s'appellent, il n'y a plus rien à faire. A la Fonderie bragarde de machinisme agricole, le plan social vient d'être validé : ils sont 41 sur le carreau. Ouvriers, chefs d'équipe, la plupart se sont usés dans cette usine pendant une trentaine d'années à fabriquer des pièces détachées pour engins agricoles.

Leur reclassement s'annonce d'autant plus ardu qu'ici l'industrie va mal... Alors, le chômage pour horizon ? Officiellement non. Presque aucun de ces licenciés économiques n'est en effet venu gonfler les chiffres des demandeurs d'emploi. Miracle ? Non, illusion statistique. Certains sont en préretraite, les autres bénéficient d'un congé de conversion. Pendant cette période, ils ne sont pas tenus de s'inscrire à l'ANPE, qui ne les comptabilise donc pas.

Ils n'apparaissent pas non plus dans le chômage mesuré par l'Insee, qui recense « les personnes disponibles et cherchant activement un emploi », selon la définition stricte du Bureau international du travail. Exit, donc, les chômeurs découragés dans leur recherche, en formation ou en attente d'en trouver une pour se reconvertir, comme la plupart des FBMA... Ceux-là, pour l'Insee, ne sont pas des demandeurs d'emploi à part entière. Ils forment ce que les statisticiens appellent « le halo autour du chômage ».

Jusqu'ici, ils étaient les grands oubliés des statistiques. Mais les polémiques qui font rage depuis un an autour des données hypersensibles du chômage ont eu au moins ce mérite : pousser l'Insee à compléter ses indicateurs. A la mi-décembre, pour la première fois, ces 754 000 demandeurs d'emploi ont donc été sortis de l'ombre, venant s'ajouter aux 2,2 millions de chômeurs « officiels ».

Ceux que l'on comptabilise, et les autres...

2 203 000Chômeurs au sens du BIT: Personnes qui ne travaillent pas, sont disponibles dans les deux semaines et recherchent activement un emploi (3e trimestre 2007)

754 000Chômeurs indisponibles ou découragés: Personnes non disponibles dans les deux semaines ou qui ne recher-chent pas activement un emploi (3e trimestre 2007)

395 400Dispensés de recherche d'emploi: Personnes inscrites à l'ANPE et non tenues de rechercher un emploi en raison de leur âge (fin octobre 2007)

1 277 750Temps partiel subi: Personnes travaillant à temps partiel et souhaitant travailler plus(3e trimestre 2007)

1 942 600Chômeurs dans la principale catégorie de l'ANPE(fin octobre 2007)

715 838Contrats aidés: Personnes sous contrat d'aide à l'emploi dans les secteurs marchands et non marchands (septembre 2007)

128 123Préretraités:Personnes ayant bénéficié d'un dispositif de préretraite financé en partie ou en totalité par l'Etat (fin 2005)Sources : Insee, Dares, ANPE.*Sous-emploi hors contrats aidés, calculs de L'Expansion.

Total : plus de 5,4 millionsAu chiffre correspondant à la définition du BIT publié par l'Insee (qui recense également désormais les chômeurs découragés ou indisponibles et le temps partiel subi), il faut ajouter les préretraités, les personnes dispensées de recherche d'emploi et celles en contrat aidé. Sans oublier deux catégories non dénombrées : les précaires et les bénéficiaires d'une préretraite privée.

Est-ce suffisant pour clore le débat sur le nombre réel de personnes privées d'emploi et sur la véritable évolution du marché du travail ? Pas vraiment. La photo de la situation de l'emploi est peut-être plus nette, mais des zones de flou demeurent...

Premier problème : la confusion entretenue entre les données de l'Insee et celles de l'ANPE. Principale responsable : Christine Lagarde. Fin septembre, l'Inspection générale des finances affirmait que les statistiques de l'agence ne pouvaient plus servir de baromètre officiel du chômage. Pourtant, fin novembre, la ministre s'est encore une fois précipitée sur la livraison mensuelle de l'ANPE. Prétextant une baisse du nombre d'inscrits dans la « catégorie 1 » (- 29 000 sur 1,9 million de personnes), qui recense les personnes cherchant un CDI à temps plein, la patronne de Bercy s'est félicitée de la « bonne orientation du marché du travail ».

Seul hic : il est désormais établi que les mouvements de yo-yo de cet indicateur reflètent surtout... l'évolution des règles de gestion de l'agence. Exemple : entre fin 2004 et fin 2006, diverses mesures (dont la mise en place d'entretiens mensuels) ont fait artificiellement disparaître de 110 000 à 150 000 personnes des fichiers. « N'oublions pas non plus qu'il y a au total 3,5 millions de demandeurs d'emploi sur les listes de l'ANPE, sans compter les chômeurs qui ne s'inscrivent pas.

Se focaliser sur une seule catégorie n'a pas de sens », martèle l'économiste Pierre Concialdi. Mieux vaut donc se fier aux chiffres de l'Insee... tout en gardant à l'esprit qu'ils ne sont pas parfaits non plus. Non que nos statisticiens puissent être soupçonnés de bidouillages. Mais, premier souci, leur instrument de mesure, une enquête auprès de 75 000 personnes, est imprécis. Dans tous les grands pays européens, cet « échantillon représentatif » est deux fois plus important. Résultat : le taux de chômage est estimé à plus ou moins 0,4 point - quand il est affiché à 7,9 %, il faut comprendre qu'il se situe quelque part entre 7,5 et 8,3 %.

Sylvie Lagarde, chef du département emploi et revenus d'activité, se veut toutefois rassurante : « D'ici à 2011, nous doublerons l'échantillon afin de réduire la marge d'erreur. »Autre difficulté, l'Insee a restreint sa définition du chômage : conformément à une règle européenne, le fait d'être inscrit à l'ANPE n'est plus considéré comme une « démarche active de recherche d'emploi ». Environ 190 000 personnes ont donc été sorties des statistiques du chômage « au sens du BIT ». Chiffre auquel il faut ajouter les demandeurs d'emploi vivant dans les foyers, les hôpitaux ou les prisons, qui n'entrent plus (provisoirement, assure l'Insee) dans le champ de l'enquête...

Sans ces changements, le taux de chômage serait aujourd'hui de 8,9 % (soit 2,4 millions de personnes), au lieu de 7,9 %. « Ces restrictions rendaient d'autant plus nécessaires la publication d'un indicateur sur le halo autour du chômage », relevait récemment l'inspecteur des finances Jean-Baptiste de Foucauld. Mais il faudra aller plus loin. C'est justement l'objectif d'un groupe de travail présidé par cet expert, qui fera des propositions au printemps.

Et il y a de quoi faire ! Pour des raisons diverses, les chômeurs « dispensés de recherche d'emploi », comme Patrice Duprat, les préretraités et les personnes en contrat aidé, comme Christine , n'apparaissent toujours pas dans les statistiques de l'Insee. « Plus ennuyeux encore, la précarité, le sous-emploi ou le déclassement professionnel restent très mal évalués », souligne Pierre Concialdi.

Certes, l'Insee publie désormais tous les trois mois un indicateur du sous-emploi, mais il dénombre uniquement « les personnes à temps partiel souhaitant travailler plus ». Un peu court, selon certains : « Il arrive que des gens ne veuillent pas travailler plus car ils ne le peuvent pas, faute de moyens de transport ou de solution pour garder leur enfant », remarque Jacques Freyssinet, le président du conseil scientifique du Centre d'études de l'emploi.

Ce chiffre ne dit rien non plus de tous ceux qui travaillent à temps complet, mais seulement quelques semaines ou quelques mois par an, en intérim ou en contrat à durée déterminée. « Selon leur situation au moment de l'enquête emploi, ils sont comptés soit comme chômeurs, soit comme travailleurs », reconnaît Sylvie Lagarde. Ce qui, dans ce dernier cas, ne reflète en rien leurs difficultés.

Fabrice, ingénieur assistant dans un organisme public de recherche, peut en témoigner. Depuis la fin de ses études, en 2003, il rêve d'un CDI mais alterne contrats précaires et chômage. « Au lieu d'être titularisé, comme je l'espérais, mon CDD a été renouvelé, et pour une durée plus courte que prévu », soupire-t-il.

Les statisticiens n'ont qu'une certitude : le « vrai » chiffre du chômage n'existe pas. Entre la définition la plus restrictive et la plus large, le nombre de privés d'emploi varie aujourd'hui de 2,2 à près de 6 millions... Un casse-tête, mais qui a le mérite de refléter la réalité du marché du travail un peu mieux que la mauvaise caricature offerte par le sacro-saint chiffre mensuel du chômage.

Article paru sur http://www.lexpress.fr/ rédigé par LExpansion.com du 11 janvier 2008

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05 janvier 2008

Un salarié français sur quatre en arrêt maladie l'an dernier

Contrairement à certaines idées reçues, le salarié français s’est moins fait porter pale l’an dernier que ses homologues européens. Ainsi, en France, 1 sur 4 a déposé au moins un arrêt maladie contre 1 sur 3 en moyenne sur le Vieux Continent, selon la dernière enquête publiée par le cabinet Monster, spécialiste de la gestion de carrière en ligne. La palme en la matière revient aux salariés belge et irlandais, avec une proportion de près d’1 sur 2. A noter cependant que la Belgique et l’Irlande sont les deux pays offrant le moins de congés payés. Les Danois se distinguent en cumulant à la fois un dispositif favorable de congés (30 jours par an) et des arrêts maladie abusifs, puisque 13% d’entre eux avouent poser chaque année plus de 4 jours infondés.

Article paru sur http://www.lexpress.fr/ redigé par L’Expansion.com du 4 janvier 2008

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27 juillet 2007

Les services freinés par le manque de main-d'oeuvre

Les prestataires de services, véritables soutiers de la croissance, redoutent une inflation salariale.

HEUREUX comme un serviteur en France. « En juillet 2007, les entrepreneurs signalent une orientation très favorable de la conjoncture dans les services. L'indicateur synthétique du climat des affaires, déjà élevé, gagne trois points et se situe désormais à son plus haut niveau depuis octobre 2000 », souligne l'INSEE en publiant hier son enquête mensuelle sur les prestataires de services marchands, qui emploient 8,3 millions de personnes dans l'Hexagone (le tiers de l'emploi total) et produisent 43,6 % de la richesse du pays.

La situation est un peu moins ensoleillée dans l'industrie (16 % de l'emploi et 22 % de la richesse nationale), selon la même source. L'enquête équivalente, publiée le même jour, note certes que « la conjoncture industrielle reste bien orientée », mais l'indice du climat des affaires tend à plafonner (graphique). « Coincés entre un euro fort et une demande domestique et internationale, les chefs d'entreprise manquent de visibilité », en déduit le cabinet d'études Xerfi.

Ces deux photographies simultanées de la conjoncture s'inscrivent dans des tendances de long terme bien marquées. Alors que les secteurs industriels ont perdu 900 000 emplois entre 1990 et 2004, les services en ont créé 2,1 millions. En tant que président du GPS (Groupement des professions de services), Georges Drouin aime à rappeler ces chiffres. « On dispose aujourd'hui d'un potentiel de création d'emplois d'un à deux millions », insiste-t-il. Une façon de dire combien le « modèle économique » des métiers que fédère le GPS diffère de l'industrie, même si ces professions comptent dans leurs rangs nombre de ténors du CAC 40, d'Accor à Veolia en passant par les grands groupes de l'assurance et de la banque.

Groupe d'étude

Le GPS fonde beaucoup d'espoirs dans la « Commission sur la croissance », dont la présidence vient d'être confiée à Jacques Attali, l'ancien conseiller spécial de François Mitterrand. Alors que les services bénéficient depuis 2002 d'un taux d'expansion de 2,8 % l'an (contre 1,5 % pour l'économie française dans son ensemble), leur principal frein est désormais la pénurie de main-d'oeuvre. « À 3 % de croissance on ne tient plus, du fait des 35 heures et des évolutions démographiques. Nous sommes à la veille d'une inflation salariale et en même temps pratiquement assurés d'arriver au plein-emploi ! », prédit Georges Drouin.

La commission Attali, dont l'ordre de mission est strictement comparable à la commission Camdessus de 2004 et au rapport Rueff-Armand de 1960, aura à se pencher sur des questions quasi existentielles, telle l'application de la directive Bolkenstein sur les services, les réglementations des professions protégées ou le Code du travail. Dans l'immédiat, les prestataires de services sont confrontés à deux dossiers en apparence plus modestes, mais qui peuvent modifier en profondeur l'équation salaire-travail. « Nous allons constituer un groupe d'étude sur la TVA sociale et faire une enquête. Car cela peut avoir de lourdes conséquences sur le prix et la consommation de nos activités », note Georges Drouin. Voilà en tout cas un projet qui est tout sauf consensuel pour l'ensemble des métiers, à l'instar de la taxe professionnelle, dont la réforme avait divisé les entreprises.

Quant à la nouvelle législation sur les heures supplémentaires, elle aussi est de nature à résoudre les problèmes de main-d'oeuvre et de pouvoir d'achat, en particulier dans la restauration. « Mais il faudra veiller à régler des problèmes spécifiques, que ce soient les »heures complémentaires* (pour le travail à temps partiel), ou les métiers au forfait, comme l'informatique », fait observer le GPS. Pour gagner plus, il faut travailler plus, et faire travailler ses méninges en plus...

Article paru sur http://www.lefigaro.fr le 26/07/2007

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26 novembre 2005

L'heure de la revanche approche pour les cadres

L'heure de la revanche approche pour les cadres EMPLOI Les entreprises prévoient d'augmenter les recrutements de cadres. Avec les départs en retraite de la génération du baby-boom, la pénurie arrive.

SERAIT-CE le début du retournement tant attendu pour les cadres ? Le moral en berne depuis des années face à un marché de l'emploi morose, à la montée en puissance de la logique financière dans les entreprises et à la dilution de leurs responsabilités dans la chaîne de décisions, les cadres ont désormais quelques raisons de rêver à une amélioration de leur situation. Et tout d'abord sur le marché de l'emploi.

Selon une enquête publiée hier par l'Association pour l'emploi des cadres (Apec), les embauches devraient se maintenir à un niveau élevé en France sur la période de juillet 2005 à juin 2006. Les entreprises françaises interrogées prévoient en effet de maintenir à un niveau assez élevé le nombre de recrutements avec une fourchette comprise entre 120 000 et 127 000. Dans le premier cas, ce serait une baisse de 3% par rapport à la période précédente, dans le second une hausse de 3%.

Pour apprécier la performance, il faut toutefois la replacer dans une perspective européenne. Par rapport aux sept autres pays de l'Union européenne étudiés par l'Apec, la France s'en sort bien. En Italie, les perspectives de recrutements affichent ainsi une baisse comprise entre -18% et -6% avec 20 000 à 23 000 embauches prévues.

«Période de chambardement»

En Allemagne, si les entreprises prévoient des recrutements en hausse de 5% ou en baisse de 5%, le niveau demeure faible avec un nombre d'embauches compris entre 63 000 et 70 000. Enfin le Royaume-Uni devrait enregistrer une baisse du nombre de recrutements de cadres de 13%. Selon l'Apec, «cette chute s'explique notamment par le ralentissement économique du pays [...] le développement des délocalisations et le transfert des créations d'emplois hors des frontières britanniques». Dans «ce marché de l'emploi des cadres en Europe qui montre des signes de faiblesse, le marché français tire son épingle du jeu», estime l'Apec.

Et les perspectives d'amélioration se trouvent renforcées par le prochain départ à la retraite des générations issues du baby-boom. Pour Olivier Spire, président de Quincadres, une société spécialisée dans l'emploi des seniors, «nous allons entrer dans une période de chambardement à partir de 2006. Et ce qui s'annonce pour demain, c'est une pénurie de cadres».

L'heure de la revanche ? Les cadres s'y sont en tout cas préparés. Une enquête réalisée par ce cabinet de recrutement expert en seniors sur la façon dont les plus de quarante ans envisagent leur avenir professionnel montre que les cadres ont largement intégré le nouveau fonctionnement du marché : acceptation des missions, mobilité géographique, baisse éventuelle de la rémunération... En outre, seulement 9% des cadres s'attendent à ce que leur vie professionnelle se poursuive à l'avenir sous la seule forme d'un CDI.

Mais dans l'attente d'un franc retournement, le pessimisme demeure. On retrouve ainsi dans les résultats de l'enquête les désormais traditionnelles inquiétudes sur l'état de l'économie en général et du marché de l'emploi en particulier.

Article paru sur http://www.lefigaro.fr rédigé par François-Xavier Bourmaud [25 novembre 2005]

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22 octobre 2005

1,2 million de Français en situation de sous-emploi

1,2 million de Français en situation de sous-emploi

[22 octobre 2005]

ILS SonT environ 1,2 million, soit près de 5% de la population active française. Telle est l'estimation donnée par l'Insee du nombre de personnes qui dans notre pays se trouvent en situation de sous-emploi. En clair, elles travaillent à temps partiel alors qu'elles souhaiteraient travailler davantage.

Ce phénomène est en augmentation régulière depuis quinze ans, malgré une brève amélioration, liée à la conjoncture entre 1998 et 2002. Les disparités sont fortes au sein de la population. Si les hommes sont relativement épargnés par le phénomène, les femmes sont durement touchées, puisqu'elles représentent 80% de la population sous-employée. Ainsi, 8,4% des femmes actives sont victimes de cette situation contre 1,9% des hommes. Les jeunes de 20 à 24 ans et les étrangers sont eux aussi plus concernés que la moyenne.

Certains secteurs d'activité sont propices au sous-emploi : l'éducation, la santé, l'action sociale et les services aux particuliers concentrent à eux seuls la moitié des sous-emplois. Les personnes sous-employées travaillent en moyenne vingt heures par semaine. Les trois quarts d'entre elles souhaitent occuper un poste à temps plein dans leur emploi actuel. Mais l'étude de l'Insee révèle aussi qu'un Français sur cinq au travail n'est pas satisfait du nombre d'heures qu'il effectue. Ainsi, 11% des salariés à temps plein se disent prêts à effectuer des heures supplémentaires en échange d'une rémunération plus élevée. Ce qui représente 2,8 millions de personnes en France.

Le sous-emploi touche 5% de la population active étude Les femmes et les jeunes sont les plus touchés par ce phénomène qui contraint le salarié à travailler moins qu'il ne le souhaiterait. Pour une moyenne de 4,8%, la proportion atteint même 15,7% des jeunes femmes de 20 à 24 ans.

EN 2004, près de 1,2 million de personnes étaient en situation de sous-emploi en France. Cela représente 4,8% de la population active totale. Le sous-emploi correspond, selon la définition de l'Insee, à l'ensemble des personnes «travaillant à temps partiel souhaitant travailler davantage, disponibles pour le faire et cherchant ou non un autre travail». Depuis quinze ans, le taux de sous-emploi dans l'Hexagone a progressé malgré quelques améliorations ponctuelles. Pointé à 3,6% en 1990, il a culminé à 6,6% en 1998, avant de rebaisser légèrement jusqu'en 2002, dans la foulée de la décrue du chômage. Depuis lors, le taux de sous-emploi a recommencé à grimper, passant de 4,6% à 4,8% en fin d'année dernière.

Les femmes sont les plus touchées par cette situation puisqu'elles représentent 80% de 1,2 million de personnes ne travaillant pas assez.

Cela signifie que 8,4% des femmes actives sont sous-employées, contre 1,9% pour les hommes. En outre, la plus forte concentration de sous-emploi se retrouve chez les 20-24 ans. 9,5% des actifs de cet âge sont dans une situation d'insuffisance d'heures travaillées. Dans ces conditions, les femmes jeunes sont les premières victimes : entre 20 et 24 ans, 15,7% des actives travaillent à temps partiel mais souhaiteraient travailler davantage contre 4,6% des hommes de cet âge.

Les étrangers aussi

«La probabilité d'être en sous-emploi est particulièrement forte pour les femmes de moins de 25 ans, sans diplômes, habitant en zone urbaine sensible», détaille l'Insee. Parmi les femmes répondant à ces caractéristiques, une sur trois «travaille moins qu'elle ne le souhaiterait». Outre l'âge et le sexe, la nationalité est également un facteur pénalisant : 7,6% des étrangers sont sous-employés. Parmi eux, 36% sont européens, 28% sont maghrébins et près de 20% ressortissants d'autres pays d'Afrique.

Par ailleurs, selon l'Insee, certains types de métiers sont plus propices au développement du sous-emploi. «Les secteurs de l'éducation, santé, action sociale et des services aux particuliers concentrent à eux seuls la moitié des personnes sous-employées», indiquent les économistes de l'institut. La majorité des personnes sous-employées exercent trois grands types de fonctions : nettoyage, enseignement et soins aux personnes ou encore commercial.

En moyenne, les personnes en situation de sous-emploi travaillent 20 heures par semaine. Les trois quarts d'entre elles souhaiteraient travailler au moins 35 heures, c'est-à-dire à temps complet. «Parmi les personnes qui voudraient travailler davantage, toutes ne sont pas en situation de sous-emploi», relève toutefois l'Insee qui a étendu son enquête à l'ensemble des actifs. Les résultats sont surprenants. 11% des Français souhaitent effectuer des heures supplémentaires, en échange d'une hausse de leur rémunération. En moyenne, ils seraient prêts à travailler 6 heures de plus.

A l'opposé, 3% des actifs souhaiteraient travailler moins. Au total, un Français sur cinq occupant un emploi a un temps de travail qu'il juge insatisfaisant, dans un sens comme dans l'autre.

Article paru sur http://www.lefigaro.fr, rédigé par Cyrille Lachèvre le 22 octobre 2005

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