Le blog de Mulder

Partager des articles qui m'ont interpellé....ou de bonnes adresses.......

01 mai 2008

L'addiction au travail permet d'occulter son mal-être

Marie-France Hirigoyen, médecin psychiatre nous livre sa réflexion sur la solitude dans l'entreprise. Cette forme insidieuse de malaise au travail touche tous les échelons de la hiérarchie.

Victime des autres mais aussi victime de soi-même ? Avec son dernier livre Les Nouvelles Solitudes, Marie-France Hirigoyen porte le regard acéré d'une psychanalyste sur les comportements individuels dans l'entreprise. Elle nous explique comment la course à la réussite crée des individus solitaires et narcissiques au bord du burn-out. C'est le succès en librairie de son essai Le Harcèlement moral qui a rendu célèbre cette femme douce à la silhouette frêle, il y a dix ans. Son livre a eu l'immense mérite de conceptualiser un problème jusqu'alors peu analysé : la souffrance au travail des victimes de pervers. Traduit en vingt-sept langues, il a été diffusé à près de 700 000 exemplaires.

Depuis, le législateur a inscrit le harcèlement moral dans notre Code du travail. La célèbre psy écrivain a récidivé en publiant Malaise dans le travail, harcèlement moral: démêler le faux du vrai afin de ne pas cautionner les éventuels dérapages. Aujourd'hui, nous la rencontrons dans son appartement du Ve arrondissement, à Paris. Elle nous livre son analyse du monde du travail et de son bourreau invisible : la solitude. Dans Les Nouvelles Solitudes, vous soulignez que la recherche de la performance conduit à l'individualisme. Comment l'expliquer ?

Marie-France Hirigoyen :

Notre société survalorise la réussite sociale. Il faut être le meilleur, quels que soient les moyens pour y parvenir. Dans cet univers de compétition, les salariés se sentent en insécurité. Le « chacun pour soi » règne et cela crée une attitude individualiste. Les managers foncent dans l'action et soignent à fond leur image. Ils sont à l'aise dans une société qui les invite au culte de l'ego. L'exigence de performance les rend narcissiques.

Le monde du travail crée-t-il des pathologies narcissiques ?

M.-F. H. : Il y a une augmentation des pathologies narcissiques, car on trouve de plus en plus de personnalités hyper adaptées aux exigences du monde moderne. Conditionné par le mythe de l'homo œconomicus, engagé dans la lutte pour la vie, l'individu moyen a changé. Bien souvent, il manque d'intériorité et reste dans des relations superficielles et ludiques, tant sur le plan professionnel que privé.

Pensez-vous que les cas de workaholisme et de burn-out se développent ?

M.-F. H. : Les psychiatres sont aujourd'hui confrontés à plus de patients ayant des addictions, notamment l'addiction au travail. Le travail, c'est une façon de se remplir et de ne pas voir son malaise intérieur. On part le lundi matin par le premier avion et on rentre le vendredi soir, épuisé, à la maison. Les femmes sont moins sujettes au workaholisme compte tenu de leurs charges de famille qui les ramènent à des réalités concrètes. Elles sont obligées d'équilibrer leur vie. Parfois, certaines découvrent une nouvelle rivale, non pas une autre femme, mais le boulot de leur conjoint qui déborde sur la vie de toute la famille.

Les femmes cadres, citadines et très diplômées sont-elles plus exposées à vivre seules ?

M.-F. H. : Oui, les chiffres le démontrent : une femme cadre sur cinq vit seule. Cela s'explique notamment sur le plan économique. Les femmes veulent réussir leur vie professionnelle pour s'assurer une sécurité financière. Elles savent que le mariage ne dure pas forcément. Celles qui ont un métier intéressant s'investissent pleinement. Elles souhaitent trouver un homme qui les surprenne et les exalte. De leur côté, les hommes sont inquiets devant ces femmes qui sont autonomes et ont, parfois, plus de pouvoir qu'eux. La rencontre n'est pas évidente ! A 40 ans, certaines paniquent, car elles n'ont pas vu le temps passer et n'ont pas d'enfants. Si elles n'ont pas d'autre possibilité, elles recourent volontiers à la fécondation in vitro. D'autres adoptent, seules, un enfant.

Vous estimez que les 35 heures ont détruit le lien social. Qu'entendez-vous par là ?

M.-F. H. : Depuis les 35 heures, les temps morts, les pauses et les échanges autour de la machine à café ont disparu. Tout est concentré, tout vide est rempli. Même si le travail en open-space donne l'impression que l'on travaille ensemble, on peut s'y sentir seul. On demande de la performance, de l'efficacité permanente, c'est la chasse au gaspi. Fumer sa cigarette à l'extérieur est mal vu.

Les salariés sont-ils démotivés ?

M.-F. H. : La société impose aux salariés de se montrer toujours de bonne humeur, en forme moralement et physiquement. C'est impossible en quarante ans de vie professionnelle ! L'une de mes patientes me racontait qu'elle s'était absentée pour cause de décès dans sa famille. A son retour, on lui a dit : « Tu as du boulot en retard. » Personne ne s'est intéressé à elle, ne lui a demandé de ses nouvelles. Elle était totalement démotivée.

Quelles préconisations feriez-vous à un patron de PME pour souder ses équipes ?

M.-F. H. : Il doit donner du sens au travail de chacun. Les salariés attendent de la reconnaissance, une identité à travers leur activité. Ils sont prêts à travailler plus à condition d'avoir un retour. Ils ne sont pas uniquement motivés par des augmentations de salaire. Ils veulent aussi progresser par rapport à eux-mêmes. Le patron de PME peut avoir un dialogue franc, dire des choses rudes. Si le reproche est clair et précis, il ne s'agit pas de harcèlement. C'est simplement un management courageux.

Dans votre dernier livre, vous estimez que la rivalité s'est développée dans les entreprises au détriment de la solidarité. Pourquoi ?

M.-F. H. : Aujourd'hui, les collègues sont moins des camarades que des rivaux. Lors d'une fusion, on met des personnes en doublon et l'on sait que l'on en gardera une seule. Cela peut amener à des conduites déloyales. Il n'y a plus de solidarité où l'on peut compter sur son collègue.

Que pensez-vous du coaching dans le monde de l'entreprise ?

M.-F. H. : Il est utile lorsqu'un manager fait trop ressentir sa problématique personnelle dans son management. Des chefs d'entreprise viennent me voir, car ils peuvent me parler, décortiquer leurs problèmes, sans montrer leur vulnérabilité à leur entourage. C'est une démarche confidentielle. J'aimerais bien prendre Sarkozy en thérapie. Il serait encore plus performant ! Mais je ne pense pas qu'il ait une demande de cette nature. C'est un hyperactif qui n'a pas le temps.

Vous dites qu'il faut développer son intériorité pour se maintenir en bonne santé.

M.-F. H. : Effectivement, la solitude permet d'aller vers d'autres possibles, que ce soit la création ou une démarche religieuse. Elle permet de se concentrer tout entier à l'intérieur de soi. S'isoler, faire retraite constitue une sorte de purification, de régénération. On voit s'affirmer un besoin accru d'espace, de silence, de lieux de méditation. C'est ainsi que, depuis quelques années, des chefs d'entreprise font volontiers une retraite dans un monastère. Mais ils ne vous le diront pas !

Article paru sur L Entreprise.com, redigé par Corinne Moriou Mis en ligne le 22/04/2008

Posté par hpl92 à 11:31 - Entreprise - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


29 mai 2006

Faire appel à un costkiller

Un costkiller est un prestataire qui se charge de rationaliser vos dépenses en frais généraux. Comment travaillent ces chasseurs de gaspillage et comment les choisir ? Réponses. (24/05/2006)

Papeterie et mobilier de bureau, facture d'électricité et de téléphone, nettoyage des locaux, ou encore déplacements professionnels…Les frais généraux, c'est-à-dire l'ensemble des achats non stratégiques, très variables d'une entreprise à l'autre, peuvent atteindre jusqu'à 30 % du chiffre d'affaires. Leur rationalisation permet donc de dégager des économies substantielles, surtout lorsqu'aucune action n'a été menée depuis longtemps. Spécialistes de l'exercice, les costkillers partent à la chasse aux gaspillages.

Qui sont-ils ?

Il existe de nombreux cabinets de consultants, experts en optimisation et réduction des dépenses de frais généraux. Certains en ont fait leur cœur de métier, d'autres travaillent en parallèle sur l'expertise d'autres dépenses, notamment les charges sociales et fiscales ou les achats stratégiques. La plupart répugne à se faire appeler costkiller, comme Jean-Pierre Fillon, directeur du pôle frais généraux chez Lowendal Group, pour qui le terme porte une connotation négative : "je préfère dire costcontrol, car notre démarche relève de l'accompagnement budgétaire et non de la réduction des effectifs".

Il existe partout des opportunités de rationalisation des dépenses "

Dépêchés dans les entreprises, ils auditent les comptes à la recherche des gisements d'économies, proposent des solutions et contribuent à leurs mise en place. S'il existe certains cabinets très spécialisés qui agissent exclusivement dans un domaine spécifique (réseau téléphonique, gestion de flotte automobile…), les cabinets de costkillers ont une vision large et s'attaquent de front à tous les postes de dépenses afin d'identifier plusieurs sources potentielles d'économies et de maximiser les gains. Comme le souligne John Goodhart, responsable du développement France chez Expense Reduction Analysts, "les consultants sont des spécialistes qui sont devenus généralistes ; experts dans un domaine, mais capables d'apporter un diagnostic sur l'ensemble du budget frais généraux".

Pourquoi recourir aux costkillers ?

Non stratégiques par définition, les frais généraux n'ont pas toujours l'attention prioritaire des contrôleurs de gestion et directeurs financiers. "La première valeur ajoutée de ces prestataires est d'abord d'être disponibles pour se pencher sur le dossier" rappelle Hafid Mahmoudi, directeur de la publication de costkillers.net, le portail B to B consacré à la réduction des coûts. Comme c'est une mission assez ingrate et plutôt mal perçue par les collaborateurs car elle oblige souvent à éplucher leurs factures ou à perturber leurs habitudes, il est aussi plus confortable pour la direction de la confier à un cabinet externe. Enfin, comme tout consultant, ils vont apporter une expérience nouvelle et une prise de recul, un réseau de fournisseurs et de nouveaux outils …

Les économies promises sont en tout cas significatives : 15, 25 voire 30 %, sur le poste frais généraux, quoique très variables selon les secteurs. "Il y a toujours plus à rogner dans le secteur des services que dans l'industrie, où prévaut déjà une certaine culture du contrôle des coûts" rappelle Hafid Mahmoudi. Toutefois, pour John Goodhart, "s'il y a des secteurs à plus fort potentiel que d'autres, il existe partout des opportunités de rationalisation des dépenses". Et pourquoi ne pas les croire, puisque la plupart des costkillers se rémunèrent entièrement sur une part des économies qu'ils auront réussi à vous faire gagner. Une proposition "win-win" qui leur sert de puissant levier commercial.

Quand faire appel à ces prestataires ?

Tout d'abord, les costkillers ne se déplacent qu'à condition que votre budget frais généraux en vaille la peine. "Difficile dans une entreprise dont le chiffre d'affaires est inférieur à 5 millions d'euros de trouver une enveloppe suffisante pour justifier une intervention, précise John Goodhart".

C'est quand on pense avoir tout fait sur les frais généraux que le recours à un cabinet externe devient pertinent"

Les problématiques diffèrent sensiblement entre grandes et moyennes entreprises. Les premières disposent de budgets importants, sur lesquels des économies d'échelles peuvent être développées. Pour Jean-Pierre Fillon, "c'est quand on pense avoir tout fait sur les frais généraux que le recours à un cabinet externe devient pertinent". Les moyennes entreprises ont des budgets plus restreints qui offrent moins de marges de manœuvre. "Toutefois, souligne-t-il, des efforts de rationalisation y ont plus rarement été entrepris sur ce poste budgétaire et les relations avec les fournisseurs très rarement remises à plat". Autant de chantiers à ouvrir pour les costkillers.

Comment se déroule une mission ?

Apres avoir défini 4 ou 5 postes de dépenses sur lesquels concentrer leurs actions, les consultants en "dissèquent la structure de coût" selon les termes de Jean-Pierre Fillon, et identifient ainsi des possibilités d'optimisation. Parallèlement, ils analysent les modes de consommation dans l'entreprise en dialoguant avec les collaborateurs et en organisant des ateliers. Au terme de ces deux étapes, le prestataire peut déjà avancer des propositions de rationalisation des dépenses : réorganisation d'une chaîne logistique, réduction de la consommation des fournitures de bureau ou des frais d'imprimerie...

Une seconde étape consiste à repérer de meilleures opportunités de prix et à définir un cahier des charges. Les consultants mènent des études de marché en s'appuyant sur les bases de données fournisseurs dont disposent leurs cabinets. Ils peuvent alors être amenés à renégocier certains contrats ou encourager de nouveaux appels d'offres. Leur prestation peut s'étendre jusqu'à la présélection des fournisseurs, la gestion des appels d'offres et la formation des acheteurs.

Chaque prestation est faite sur-mesure"

La durée du suivi est variable selon le prestataire, mais tous prévoient un accompagnement de trois mois au minimum, et un transfert des processus et méthodes qui auront été mis en application dans l'entreprise. Ils insistent aussi sur la transparence du travail qui est effectué auprès du client. Les offres d'externalisation totale de la fonction achats non-stratégiques se développent également, même si tous les prestataires du secteur ne la proposent pas encore.

Comment bien choisir son prestataire ?

"Il faut bien ficeler son contrat, car chaque prestation est faite sur-mesure" met en garde Hafid Mahmoudi. Les tarifications peuvent aller de 20 % à 50 % des économies réalisées par le prestataire sur le poste achat concerné. Un chiffre très variable qui doit être mis en regard avec la contribution qui sera demandée à vos collaborateurs dans le cadre de la mission d'audit et de mise en place des nouveaux process : atelier, sessions de formation… Si elle est apparemment sans frais, l'intervention du prestataire dans votre entreprise mobilisera nécessairement vos équipes et il est important de savoir dans quelle mesure.

Seconde recommandation, adopter un prestataire capable d'apporter à la fois une approche généraliste et une compétence de spécialiste, c'est-à-dire un cabinet de taille relativement importante. Généraliste parce qu'il s'agit au cours de l'audit de détecter des sources nouvelles d'économies qui n'avaient pas été immédiatement envisagées. Spécialiste parce que les problématiques et les besoins sur lesquels le prestataire devra ensuite agir sont très différents les uns des autres.

Enfin, il est préférable de travailler avec un prestataire disposant d'un réseau international afin de pouvoir bénéficier d'un carnet d'adresses fournisseur conséquent. Il s'agit alors de profiter d'une connaissance avancée de marchés parfois complexes et de créer des opportunités de trouver de nouveaux partenaires.

Exemples de prestataires et champs d'action

Marianne Assurances, aides et subventions, emballage, flotte de véhicules, fournitures administratives, traitement des déchets, télécoms, transport, logistique, location, informatique, bureautique, gestion des déchets et maîtrise de l'énergie...
Lowendal Group Propreté, restauration collective, transport, emballage, intérim, location longue durée, énergie, télécommunications...
Expense Reduction Analysts Télécommunications, reprographie et impression, affranchissement, fournitures de bureau, commissions sur carte de crédit, transport, gestion de parc automobile, énergie, messagerie, nettoyage...
Central Cost Externalisation de la fonction achat (prise en charge de tout ou partie de l’organisation achat de l’entreprise cliente)
K-buy Externalisation de la fonction achat, formation des acheteurs, renégociation des conditions d'achat...
Expense Reduction AnalystsFactea Conseil pour la mise en œuvre des politiques d'achat (audit des politiques d'achat, mise à niveau et formalisation des processus d’achats, préparation d'appels d'offres, formation des acheteurs...)
BearingPoint Conseils en gestion de la relation client, optimisation de la supplychain...
Synerdeal Conseil en amélioration de la fonction Achats des entreprises

Article paru sur http://management.journaldunet.com/ rédigé par Pierre-Louis Germain, Le Journal du Management

Posté par hpl92 à 16:02 - Entreprise - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 octobre 2005

Les incroyables coulisses de la grande distribution

Machines à cash, cartel des centrales d’achat, walmartisation, tricheries sur les marges, prix faussés… la grande distribution est la cible d’une nouvelle attaque. Véritables « chevaliers blancs » de la cause des consommateurs, les dirigeants de la grande distribution sont épinglés par Philippe Sassier et Jean Bothorel dans un ouvrage qui suscite déjà la polémique. Née grâce à un privilège français, la grande distribution française paie en effet à 90 jours ses fournisseurs. La rotation de ses stocks n’excède pourtant pas huit jours. Quant aux marges arrières, il s’agirait ni plus ni moins d’une méthode permettant de faire de la fausse facture en toute impunité. La grande distribution se bat non plus pour obtenir les prix les plus bas possibles mais pour les ristournes les plus élevées…

Et les « révélations » continuent. « La grande distribution. Enquête sur une corruption française », paru chez Bourin Editeur, remet en cause le système français qui se traduirait par de bas salaires et par la délocalisation. L’hebdomadaire Le Point présente dans son édition du 20 octobre les bonnes feuilles tirées de l’ouvrage. On y apprend que les propriétaires d’Auchan, Carrefour ou Casino… ont fait fortune en dix ans mais que quinze des cinq cents plus grandes fortunes françaises sont détenues par des propriétaires de centres Leclerc. Les auteurs nous rappellent que les cinq centrales d’achats (Interdis pour Carrefour, Galec pour Leclerc, Lucie pour Galec et Système U, ITM pour Intermarché, Opera pour Cora Casino et Auchan France) gèrent 90 % des achats des grandes surfaces. Enfin, chaque semaine, que 140 millions d’américains (l’équivalent des populations allemandes et françaises) font leur course chez Wallmart…

Une interview de Serge Papin, PDG de Système U, remet les pendules à l’heure en dénonçant la version caricaturale qui est dressée du métier. Les auteurs du livre n’ont pas rencontré les dirigeants des grandes enseignes, de peur de ne pouvoir sortir leur livre… Selon Serge Papin, Philippe Sassier et Jean Bothorel ne dénoncent pas le monopole des pharmaciens qui réalisent 60 % de leur chiffre d’affaires avec des produits non prescrits, ni celui des banquiers ou des opérateurs de télécoms… Quant à la dénonciation des conditions de travail, le PDG de Système U rappelle que les hôtesses de caisse ne représentent « que 10 % des 55 000 employés » de son entreprise.

Article paru sur http://www.itrnews.com/ le 23 octobre 2005

Posté par hpl92 à 22:00 - Entreprise - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1