08 août 2009
Un cerveau artificiel annoncé dans dix ans
Le « Blue Brain Project » travaille depuis quatre ans à reproduire, avec d'énormes ordinateurs, le fonctionnement du cortex cérébral.
Un abus de langage courant nomme à tort «cerveaux électroniques» le contenu de nos ordinateurs et les puces de nos appareils électroniques. Sauf qu'aucun de ces dispositifs n'a l'architecture ou les fonctions d'un vrai cerveau. Depuis 2005, cependant un énorme projet de simulation sur ordinateurs, baptisé «Blue Brain Project», s'est donné comme objectif de fabriquer, dans dix ans, le premier «vrai» cerveau électronique.
Comme l'a rappelé le 24 juillet dernier, le directeur du projet, Henry Markram, de l'École fédérale polytechnique de Lausanne (Suisse) lors d'une conférence à Oxford, il s'agit plus exactement de simuler l'architecture et le fonctionnement du néocortex des mammifères au moyen d'un supercalculateur IBM de la famille Blue Gene, le troisième superordinateur le plus rapide du monde (36 téraflops). Ces machines peuvent effectuer simultanément plusieurs milliers de milliards d'opérations par seconde !
Blue Gene est capable aussi bien d'analyser en temps réel les signaux radioastronomiques dans le cadre de recherches sur l'origine de l'univers, que de simuler, toujours en temps réel, le repliement des protéines. Des performances qui en font un bon candidat pour modéliser le cerveau.
Les chercheurs se sont concentrés sur une colonne du cortex des mammifères. Autrement dit unité fonctionnelle empilant verticalement 10 000 neurones de plus de 200 types génétiques distincts. Il a fallu, pour alimenter le modèle, utiliser les données de plus de 15 000 expériences individuelles effectuées dans les laboratoires du monde entier sur des neurones en culture.
Avec ces données, l'équipe du Pr Markram a créé dans Blue Gene une colonne virtuelle de neurones corticaux où sont mimés l'architecture, la morphologie et le fonctionnement d'un réseau de 10 000 cellules en trois dimensions. L'équivalent d'un micro-ordinateur portable est nécessaire pour effectuer les calculs et la simulation d'un seul de ces neurones, c'est la raison pour laquelle Blue Gene, et ses 1 000 calculateurs ont été choisis.
Ce n'est qu'un début mais la phase 1 de l'expérience vient d'être finalisée : le modèle «vit» dans la machine. Les chercheurs ont présenté à ce cerveau in silico des images et mesuré son activité électrique de réponse : «Vous stimulez le système, et il crée sa propre représentation» à partir de cette simulation initiale, a expliqué Henry Markram. Le but final de cette première phase est d'extraire cette représentation et de l'observer. Pour voir comment le cerveau perçoit le monde !
Non seulement il faut connaître, décrire et mimer toutes les règles régissant les communications entre les cellules nerveuses, mais l'équipe de Lausanne veut descendre encore plus profondément dans chaque cellule, au niveau moléculaire des structures et des échanges !
Le Pr Markram rappelle que le néocortex apparu dans l'espèce humaine «est en réalité un nouveau cerveau. Les grands mammifères avaient besoin d'un outil cognitif pour l'éducation de leur progéniture, pour les interactions entre membres de la tribu, et pour les fonctions supérieures», comme les émotions ou la réflexion. «Cela a été un tel succès dans l'évolution que la taille de ce cortex a été rapidement multipliée par mille.»
Le projet est pharaonique : une seule colonne de cortex est aujourd'hui reproduite dans la machine d'IBM. Or notre cortex contient environ un million de ces unités fonctionnelles. Pour étudier un cerveau complet, il faudra inventer une machine informatique un million de fois plus puissante que Blue Gene. Cet outil pourrait servir à comprendre et traiter les maladies mentales ou, si les différences entre espèces sont élucidées, à dialoguer avec des animaux…
Article paru sur http://www.lefigaro.fr le 31/07/09
24 décembre 2007
Pourquoi le dollar restera bon marché en 2008
Pourquoi le dollar restera bon marché en 2008 par LExpansion.com
Les marchés des changes croient à un rebond du billet vert l'année prochaine. A tort. Explications.
Inutile d’espérer une remontée du billet vert dans les prochains jours. Les experts de la société de bourse Aurel Leven, tablent sur un dollar à 1,47 euro avant la fin de l’année. « La devise américaine souffre des injections massives de liquidités en dollars sur les marchés », décryptent les économistes.
Mais à plus longue échéance, les marchés des changes anticipent un rebond du dollar provoqué par un regain de confiance envers les banques américaines et la diminution des craintes de récession aux Etats-Unis. A tort. Car le dollar n’est pas près de récupérer les 20 % de baisse enregistrés depuis le début de l’année. Au contraire, la glissade est loin d’être terminée. L’explication est conjoncturelle.
D'une part, la crise de l’immobilier va pousser la Réserve fédérale à poursuivre sa détente monétaire pendant encore plusieurs mois. Mais d'autres considérations entrent en jeu. En effet, de plus en plus d’experts sont convaincus que les autorités américaines ont fait de la baisse du dollar leur cheval de bataille, histoire de redonner une bouffée d’oxygène aux exportateurs américains. Même si il est difficile de l’avouer.
Ce type de politique de change avait déjà été mis en œuvre dans les années 1980, pour contrer l’hégémonie du Japon. A l’époque, le dollar avait perdu 40% de sa valeur en un an et demi, dans la foulée des accords du Plazza. L’arme du taux de change avait ensuite été mise au placard dans les années 1990. Il faut dire que l’Amérique n’en avait plus guère besoin. Et pour cause, elle affichait une santé économique insolente.
Aujourd’hui, avec la crise des « subprime », les autorités américaines tenteraient à nouveau d’influencer leur taux de change, même si les exportations ne représentent que 14% du PIB des Etats-Unis. L’Oncle Sam ne serait pas le premier à utiliser ce moyen pour donner un coup de fouet à son économie. Les pays asiatiques, à commencer par la Chine, pratiquent eux aussi ce sport depuis longtemps.
En fait, la seule région à ne pas avoir de politique de change, c’est la zone euro. Cette absence favorise l’appréciation de la monnaie européenne et coûtera encore, à n’en pas douter, quelques dixièmes de points de croissance en 2008.
Article paru sur http://www.lexpress.fr : LExpansion.com du 24 décembre 2007
16 décembre 2007
Vers une guerre mondiale du climat ?
Un rapport rendu public lundi évalue les risques de conflits engendrés par le changement climatique. Tour d’horizon des scénarios les plus inquiétants.
Des zones tempérées deviennent sèches, d’autres glaciales se transforment en paradis vert, tandis que cyclones et moussons se font plus violents. Le climat change. Et risque de devenir un «casus belli». Dans un rapport de 250 pages (en PDF) rendu public lundi, des experts mandatés par l’Onu tentent de dresser un tableau de l’influence de ces changements sur la géopolitique mondiale dans les prochaines décennies.
La Méditerranée déstabilisée par le Nil ? Les relations entre les Etats présent sur les rives du Nil pourrait dégénérer à l’horizon 2025. En cause, des réserves d’eau de plus en plus précieuses à mesures que la région se désertifie. L’Egypte possède une sérieuse réserve grâce au lac Nasser, mais les tensions dans cette région risquent l’escalade jusqu’à la guerre ouverte. Le bassin méditerranéen pourrait être tout entier touché par les guerres du climat. Des conflits locaux sont probables en Afrique du Nord, tandis que l’Europe du Sud pourrait être touchée par une violence d’un autre type, engendrée par les tensions autour d’une immigration sud-nord grandissante. Le rapport cite en exemple les émeutes en banlieue en France, en 2005.
Le pire scénario: le Sahel monte vers le Maghreb, qui monte vers l’Europe. Les pays européens rejoignent le projet « Forteresse Europe ». Les pays du Maghreb sont grassement payés pour endiguer le flux migratoires. Les réfugiés climatiques finissent par millions dans des camps au Sahara.
La guerre du pôle nord ?Les prétentions bruyantes de la Russie, du Danemark, du Canada et d’autres états sur le pôle Nord font craindre des complications. Seule chance : les Etats qui se disputent la zone sont politiquement et économiquement stables. Selon le rapport, la faible densité de population devrait éviter les dangers inhérents à la surpopulation humaine. Mais les populations locales (4 millions de personnes) auront à souffrir de la fonte de la banquise et des glaciers.
L’Afrique en guerre perpétuelle ? Les modèles climatiques pour le Sahel sont incertains. Les experts retiennent l’hypothèse pessimiste : les sécheresses, famines et guerres civiles, ne feront qu’empirer, favorisés par des Etats faibles. Ces pays pourraient se disputer les accès aux côtes et aux ports. Plus au sud, le climat pourrait favoriser des mouvements de migrations internes, notamment des campagnes vers les villes. Plus qu’un conflit armé à grande échelle, c’est ici une tension sociale et ethnique extrême qu’il faut craindre.
Le pire scénario : après une dernière tentative de « révolution verte » en 2020, la moitié sud de l’Afrique sombre dans l’Anarchie. Les élites se réfugient dans des zones sous surveillance paramilitaire. Le reste de la région devient le terrain de jeu de seigneurs de la guerre.
Le grenier de l’Asie du Sud en péril ? Très peuplé, le delta du Gange est menacé par la montée des eaux et les cyclones. Les habitants pourraient être forcés à émigrer vers des cieux plus cléments. Mais la zone fait aussi office de grenier de la région. L’Inde sera menacée sur ses deux flancs, avec un Pakistan asséché à l’ouest, et un Bangladesh inondé à l’est. Deux facteurs qui ne pourront qu’accroitre les tensions religieuses de la zone.
Le pire scénario : la tension entre l’Inde et le Bangladesh augmente avec le flot de migrants. L’Inde accuse son voisin d’impuissance et finit par déclencher une « intervention humanitaire » qui a tous les airs d’une invasion.
Urbanisation galopante en Chine ? Le phénomène est déjà bien entamé, mais les effets du climat risque de l’intensifier. Les climatologues tablent sur une désertification du nord, et un sud martyrisé par les inondations et les glissements de terrain. Les paysans devraient donc continuer à s’exiler en ville. « Le pouvoir chinois court le risque d’être écartelé entre ces défis environnementaux et la libéralisation politique et économique ».
Le pire scénario : En 2025, la côte est ravagée par les typhons et les inondations. Les réfugiés s’agglutinent dans le sud du pays et l’armée chinoise réprime les débordements dans le sang.
Les Caraïbes dans l’œil des cyclones ? Aucun des états de la région, à l’exception des Etats-Unis et de Cuba, n’ont pour l’instant les moyens de faire face à l’intensification des tempêtes tropicales, qui menacent aussi l’industrie pétrolière. Conséquence probable : une augmentation des flux migratoires vers les Etats-Unis, alors même que ceux-ci ferment leur frontière sud. Ceux qui ne pourront pas la traverser iront s’entasser dans des villes où la violence explosera.
Le pire scénario : un ouragan de catégorie 6 dévaste Houston et son industrie des hydrocarbures. Les Etats-Unis tentent de limiter la hausse des prix en vendant leurs réserves, mais certains états profitent de cette faiblesse pour couper le robinet d’or noir. Les faucons s’agitent à Washington…
L’Amazonie condamnée ? Les pays des Andes feront face à des pénuries d’eau potable, combinée à l’instabilité politique qui empêche toute vision à long terme. Autour du fleuve Amazone, les perspectives sont sombres : la biodiversité semble condamnée. Le Brésil devra également faire face à une crise agricole qui pourrait dégénérer en guerre pour le contrôle des terres arables.
Article paru sur http://www.lefigaro.fr/ le 11 décembre 2007
12 décembre 2007
Du climat en danger au climat de guerre
Le réchauffement climatique pourrait provoquer une "guerre civile mondiale", met en garde un rapport de l'ONU rendu public ce lundi à Bali où se tient la conférence sur le climat. Les experts soulignent que "agir pour climat, c'est agir pour la paix".
Le réchauffement climatique pourrait provoquer une "guerre civile mondiale", met en garde un rapport de l'ONU rendu public ce lundi à Bali. L'étude du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) a été diffusée - ce n'est pas un hasard - le jour de la remise à Oslo du prix Nobel de la paix à l'ex-président américain Al Gore et aux experts du Giec, pour leurs efforts de sensibilisation aux dérèglements du climat.
"Agir pour la paix"
La surchauffe causée par la saturation en gaz à effet de serre risque de déstabiliser dans quelques années des régions entières, expliquent les auteurs du rapport, des scientifiques suisses et allemands pour lesquels "agir pour le climat est agir pour la paix".
Parmi les "points chauds" identifiés figurent le delta du Nil, le Sahel, la Chine, l'Inde, les nations autour du Golfe du Bengale, l'Asie centrale, les Caraïbes, le golfe du Mexique et l'Amazonie.
"Si le réchauffement climatique n'est pas jugulé, des Etats fragiles et vulnérables, qui sont déjà aujourd'hui assez mal gérés, pourraient imploser sous la pression du réchauffement global, puis générer des ondes de choc vers d'autres pays", a affirmé Hans Schellnhuber, directeur de l'Institut de recherche sur l'impact du climat de Potsdam.
Il a par exemple expliqué qu'une hausse générale de la température de 5 degrés serait accentuée sur le plateau montagneux tibétain (de +10 à +12 degrés), asséchant durant l'été les fleuves alimentant d'immenses bassins de population, en Chine ou en Inde. De même, la fonte des glaciers dans les Andes (Amérique latine) aurait des conséquences selon lui effroyables, coupant l'approvisionnement d'une mégalopole comme Lima (Pérou).
Autre danger, une hausse de 7 mètres du niveau des océans se traduirait par le déplacement de 500 millions de "réfugiés climatiques".
Scénario "crédible"
Le rapport "trace un scénario crédible pour l'avenir", a prévenu Schellnhuber en marge de la conférence sur les changements climatiques organisée à Bali. Le réchauffement est désormais une réalité prise en compte de façon sérieuse par les experts militaires, a souligné Achim Steiner, directeur exécutif du PNUE.
"Les généraux américains, l'état-major de l'Otan et d'autres institutions militaires du monde entier ne considèrent plus le changement climatique comme il était auparavant dépeint, une fiction sortie de l'imagination des écologistes", a-t-il assuré.
Les spécialistes en géopolitique n'écartent pas des "guerres de l'eau" ou des affrontements dépassant les traditionnelles frontières des Etats, dont ils voient des premières illustrations avec les conflits en Somalie ou au Darfour.
"Guerre civile à l'échelle mondiale"
Avec une hausse de 5 degrés, "nous pourrions avoir quelque chose qui ressemblerait à une guerre civile à l'échelle mondiale", a dit M. Schellnhuber.
"Du Sénégal à la Corne de l'Afrique, les prédictions sont très sombres", a-t-il ajouté, estimant que des tensions latentes entre des populations menaçaient d'être exacerbées par le réchauffement.
Le rapport auquel il a participé, intitulé "Le changement climatique, risque pour la sécurité" avait d'abord été baptisé "Vers un climat de violence?".
Article paru sur http://www.lexpress.fr/ le 10/12/07
18 juillet 2007
dans les annees a venir.....
Je ne suis pas un expert en histoire, mais je pense que nous n'avons jamais eu autant de raisons de voir notre mode de vie changer (et pas d'une facon douce et sereine) et cela dans les 20 ou 30 ans à venir....
j'en ai listé quelqu'unes (pas d'ordre précis) alors petit sondage : Pensez vous que notre mode de vie va changer ? et pour vous quelle en sera la raison principale ?
1- Changement climatique
2- H5N1
3- Le manque de ressources petrolières
4- Le manque de ressources alimentaires
5- La mauvaise gestion de notre économie (plus moyen de financer les retraites par ex)
6- autres ?
08 janvier 2006
L'année 2006 high-tech : les onze prédictions des analystes
Quelles seront les technologies émergentes en 2006 ? Les budgets informatiques augmenteront-ils ? A quelles menaces faut-il se préparer à faire face ? Voici une synthèse des onze tendances qui, selon les analystes, marqueront 2006.
Rappelez-vous : la fin du monde était pour 2000. Et l'année dernière, le Gartner Group prévoyait l'abandon massif de Windows au profit de Linux... ce qui ne s'est pas produit ! L'art divinatoire reste une science à risque. Pour 2006, nous avons donc interrogé trois oracles - le Gartner Group, Forrester Research, et Nucleus - dont nous avons recoupé les prédictions avec nos propres analyses.
1. Contexte général : une période de consolidation du système d'information
Selon le cabinet d'analyses Forrester Research, la croissance du marché informatique devrait ralentir (+ 7% l'année dernière aux USA) avant une reprise prévue seulement pour 2009/10. L'innovation technologique qui est déjà repartie depuis quelques mois devrait alors se généraliser et donner de nouvelles envies aux entreprises. Mais en attendant le Gartner Group confirme la tendance de Forrester Research : les entreprises n'ont pas fini de digérer toutes les technologies de la bulle internet et, d'ici 2009, elles devront restructurer leur système d'information et mettre en place des outils pour répondre aux évolutions du cadre légal : IFRS, facturation et archivage électronique, etc. Finalement, malgré de nombreuses annonces fracassantes dont Google devrait être le champion toutes catégories, l'année 2006 s'annonce plutôt calme dans les département informatiques des entreprises françaises.
2. Plus de télétravail... mais aux frais des employés
Nucleus. Entre des offres de connexion Internet à haut-débit moins chères et plus performantes que celles des entreprises, des ordinateurs portables peu onéreux, et de plus en plus de logiciels de collaboration efficaces et gratuits, les télétravailleurs n'ont que l'embarras du choix pour s'équiper. Un contexte favorable qui devrait permettre à de plus en plus de salariés de travailler depuis leur domicile, au moins quelques jours par semaine. Selon Nucleus, cette démarche permettrait de fidéliser les salariés. Reste à savoir qui financera l'équipement...
Forrester. Au delà du simple télétravail, c'est l'aspect "pervasiveness" qui va se développer en 2006, c'est-à-dire la capacité d'accéder de n'importe où à presque n'importe quelle application de son entreprise. "Mais pour y parvenir, les entreprises devront investir dans l'authentification forte", note Henry Peyret (photo), analyste senior chez Forrester.
Gartner. D'ici 2008, 10 % des entreprises demanderont à leurs employés d'acheter eux-mêmes leur ordinateur portable s'ils en souhaitent un. Un phénomène dû à la baisse importante du prix de ces PC, mais aussi aux nombreux vols devant lesquels les entreprises se trouvent impuissantes. Comme c'est déjà le cas pour les voitures de fonction, la fourniture d'un ordinateur portable par l'entreprise sera de plus en plus un privilège accordé aux employés méritants.
3. L'émergence d'un nouveau poste de travail
Forrester. Les utilisateurs doivent aujourd'hui travailler avec des outils bureautique déconnectés les uns des autres : suite bureautique, messagerie, messagerie instantanée, etc. Un poste de travail intégré devrait apparaître. Il reliera l'ensemble des applications les unes avec les autres au sein d'une interface homogène où les outils de collaboration auront un rôle central. Workplace Rich Client Technology Edition d'IBM illustre bien cette tendance. Baptisée "Information Workplace", cette interface chapeautera les architectures orientées services. Elle sera hautement personnalisable grâce aux "Composite Application Frameworks" (des outils permettant aux utilisateurs d'assembler leurs propres logiciels) et supportera de nombreux périphériques mobiles.
Indexel. Techniquement, il est déjà possible de déplacer une partie du PC - les données et les applications bureautiques - dans une clé USB. Le poste utilisateur s'exécute directement depuis la clé USB. Avec l'évolution rapide des téléphones portables (mémoire, support hybride GSM / GPRS / Wi-Fi) on peut imaginer que le PC de demain sera uniquement muni d'un écran, d'un clavier et d'un micro-processeur. Il suffira d'y brancher son téléphone pour accéder à ses données et à ses applications sur n'importe quel PC d'accueil. En déplacement, le téléphone offrira un accès dégradé à ces services : accès mail avec Gmail Mobile par exemple, lecture des documents Office comme sur un PDA, calendrier partagé, etc.
4. Téléphonie : essor des premiers téléphones portables IP et des appels gratuits partout dans le monde
Gartner. En 2004, 90 % des nouveaux téléphones vendus étaient portables. Le nombre d'appels via les lignes terrestres continue inlassablement à baisser. A tel point que 99 % des nouveaux téléphones vendus en 2009 n'auront plus de fil à la patte et que 30 % des ménages américains ne posséderont plus de téléphone traditionnel en 2010. Fin 2008, les téléphones portables de base ne coûteront pas plus de 20 dollars à fabriquer alors que les téléphones haut de gamme gagnerons encore en... complexité.
Indexel. Dès 2006, les téléphones hybrides seront capables de choisir automatiquement entre un réseau GSM / GPRS et un réseau Wi-Fi pour optimiser la facture téléphonique. British Telecom en a déjà fait la démonstration en France. Connectés à un réseau Wi-Fi, ces téléphones utiliseront les logiciels et réseaux ToIP de Skype, Wengo et des fournisseurs d'accès à Internet (FAI). Ces derniers proposent des tarifs en baisse constante. Une tendance qui se confirmera en 2006. Car après les appels gratuits vers les postes fixes en local et en national, Free et Neuf Cegetel ont étendu cette approche à l'ensemble des pays européens et à certains autres pays (Inde, Chine, etc.) depuis fin décembre 2005.
5. L'open source progressera encore
Forrester. Les entreprises s'orientent de plus en plus vers des choix stratégiques tout Microsoft, tout IBM ou tout open source.
Nucleus. Entre les contraintes budgétaires des services informatiques et l'arrivée à maturité d'un nombre croissant de logiciels open source, les logiciels libres vont continuer à se répandre en entreprise, mais aussi chez les particuliers. Les éditeurs de logiciels propriétaires auront de plus en plus de mal à justifier leurs tarifs.
6. De gros chamboulements dans les équipes informatiques
Gartner. Le nombre de postes de "technicien informatique" va diminuer de 40 % d'ici 2020.
Forrester. Les entreprises européennes doivent faire face à l'accélération des départs à la retraite des baby-boomers (+ 30% entre 2005 et 2006). Même si elles ne comptent pas augmenter l'effectif de leur service informatique, elles vont continuer à recruter, essentiellement pour faire évoluer leurs compétences en interne. Elles augmenteront le nombre de postes à valeur ajoutée - responsables de projet, architectes, experts techniques, spécialistes des "business process", etc. - tout en réduisant les profils opérationnels (opérateur de sauvegarde, technicien de maintenance...) grâce aux départs en retraite. Entre 2005 et 2007, elles vont aussi augmenter leurs dépenses en formation. Ce qui permettra aux informaticiens "pure souche" d'évoluer vers des rôles de management et d'interface.
7. Moins d'innovations technologiques, plus de contraintes légales
Gartner. Face à la pression d'un cadre légal de plus en plus contraignant (facturation électronique, IFRS, etc.), les entreprises vont ralentir massivement leurs projets liés aux nouvelles technologies pour se concentrer sur la mise en conformité de leur système d'information. Une tendance déjà amorcée depuis de nombreux mois et qui ne devrait pas faiblir avant 2008.
Forrester. De plus en plus de périphériques (disque dur, télévision, téléphone, etc.) seront accessibles grâce à une adresse IP (Internet Protocol). Un moyen de simplifier leur interconnexion en la normalisant. Cette évolution ne sera pas sans poser des problèmes d'adressage car IP V5.0 n'est pas adapté. Les entreprises devront donc rapidement passer sous IP V6.0.
8. Généralisation des architectures orientées services (SOA)
Nucleus. L'heure n'est plus au scepticisme. Les entreprises sont de plus en plus nombreuses à souhaiter décloisonner leur système d'information. La démocratisation des architectures orientées services (Software Oriented Architecture) pourrait donc débuter dès 2006. Les entreprises devraient en profiter pour faire le ménage dans leur système d'information.
Gartner. D'ici 2010, plus de 40 % des investissements technologiques des PME seront liés à un projet SOA.
Forrester. 77 % des grandes entreprises américaines se sont déjà lancées dans la mise en oeuvre d'architectures orientées service. "La nouveauté en 2006, c'est l'extension aux grosses PME. Depuis quelques mois, le marché se développe très vite sur ce segment en France", explique Henry Peyret.
9. Regain d'intérêt pour le mode hébergé (ASP/FAH)
Nucleus. C'était encore une fois une question de maturité du marché. Annoncé en 2000 comme la solution à tous les problèmes informatiques de l'entreprise, l'hébergement d'applications a d'abord du régler quelques petits problèmes de jeunesse. Arrivé à l'âge adulte, il séduira de plus en plus d'entreprises, surtout les PME, à partir de 2006. Son succès dépend essentiellement de la capacité des fournisseurs d'applications hébergées (FAH, Application Software Provider) à fournir un package simple d'emploi.
10. Microsoft : 30 % des antivirus d'ici 2008
Gartner. D'ici fin 2008, Microsoft devrait capter 30 % du marché des antivirus et antispyware destinés aux postes de travail des entreprises de moins de 1 000 employés.
11. Impression : fin de la couleur !
Gartner. Les entreprises vont mettre en place des programmes de réduction de leurs coûts d'impression. Première visée : la couleur. Le coût à la page des imprimantes laser et photocopieurs couleur est trop élevé. Les entreprises vont donc revenir à des impressions noir et blanc. La couleur ne disparaîtra pas totalement mais sera désormais utilisée avec parcimonie.
Article paru sur http://www.indexel.net rédigé par Frédéric Bordage Le 04/01/2006








