18 mai 2006
Deux bricoleurs livrent un mode d'emploi pour reprogrammer sa Freebox
Avec leur projet OpenFreebox, des technophiles s'amusent à exploiter le modem de Free pour en détourner l'usage. Le FAI n'est pas contre, mais fixe des limites.
Ce ne sont pas les premiers à avoir désossé leur Freebox pour percer ses entrailles et s'amuser à en détourner l'usage. Mais les initiateurs du projet OpenFreebox, deux Nantais d'une trentaine d'années, font partager leur mode d'emploi, comme s'ils publiaient leur contribution à un logiciel libre. Car justement, à leur sens,« Free devrait donner ses codes source, étant donné que la Freebox est développée sur du logiciel libre », explique un des fondateurs du projet, administrateur réseau de formation.
Les deux Nantais fournissent donc sur leur site le moyen d'accéder au coeur de la Freebox (v4), en bricolant - via des montages électroniques - un système de raccordement à ses composants (interface Jtag). Il est ainsi possible d'y connecter un PC, qui ne se bornera plus à recevoir les flux Internet en provenance du modem, mais pourra aussi reprogrammer la Freebox. Là aussi, OpenFreebox propose quelques outils, pour lire et écrire dans la mémoire flash ou pour développer les programmes de son crû.
Au final, les applications sont diverses.« On peut rajouter à sa Freebox un disque dur S-ATA et lire des vidéos stockées, connecter une webcam, utiliser Skype, etc. », illustre le cofondateur. Le modem se retrouve ainsi doté de fonctionnalités dignes d'un PC. Ce qui en soi ne présente pas grand intérêt puisqu'un véritable PC peut quand même en faire bien plus. Cela reviendrait à ajouter un moteur à un vélo, alors que l'on possède une mobylette. OpenFreebox est, en effet, une initiative née de passionnés de technologie, qui agissent par plaisir du bricolage et non par esprit subversif.
Pas touche à la TV et à la téléphonie
Une attitude bon enfant qui leur a attiré l'indulgence de Free. Car le FAI aurait pu voir d'un mauvais oeil ces dépeceurs de Freebox, ses modems n'étant proposés qu'en location. Selon ses conditions générales de vente, la Freebox« demeure la propriété pleine et entière de Free » et l'abonné« s'engage à ne pas [en]faire une utilisation détournée ». Reste un cas flou : si l'abonné signale une perte ou un endommagement du modem et qu'il rembourse à Free les 190 euros correspondant à la valeur du terminal.
Même le directeur technique de Free, qui a contacté l'équipe d'OpenFreebox parchat, n'a pu fournir de réponse claire à cette question. Presque amusé par le projet, il a néanmoins posé des garde-fous.« Il a été sport, mais il a clairement dit qu'il ne fallait pas essayer de toucher à la partie flux TV ou à la téléphonie, et que cela pouvait aller jusqu'au pénal. Ca se comprend », concède l'un des Nantais. Le père de la Freebox a précisé que, dans ce cas, il couperait l'accès au réseau des box« pas clean » en sécurisant ses équipements ADSL (DSLAM).
Les initiateurs du projet ont été rejoints par deux membres d'OpenWRT, un projet du même type mais basé sur l'ouverture du code de routeurs sans fil de Linksys.
Article paru sur http://www.lexpress.fr/ rédige par Julie de Meslon, 01net
20 octobre 2005
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